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Je suis assis depuis 25mn dans le métro en face d’un sosie de Kevin Spacey avec un sac Colgate qui éternue toutes les dix secondes en remplissant une grille de sudoku au feutre violet. A un moment, je remarque qu’il a les pieds levés à quelques centimètres du sol et je bouge mes jambes pour lui faire de la place. Il me répond “non, merci, je les garde comme ça sinon je vais me brûler”. Juste à côté, il y a un type en pull qui boit une bière mais dans un vrai verre à pinte, en verre, en lisant le journal, comme s’il était à la terrasse d’un café. La pression monte d’un cran quand un joueur de clarinette entre dans la rame et se met à jouer sans sourciller une version dodécaphonique de “La Isla Bonita”.

Nous sommes le 25 avril 2007 sur la ligne 4, il est 18h, et, cerise sur ma part d’horreur sociale du jour, je me dirige vers le Paris Paris.

Et malgré cela, tel le junkie qui sait qu’il va toper de la brune coupée à autre chose qu’à la poussière de ciment, j’observe chaque seconde s’égréner en gardant un flegme de façade, parce que si je trace au Paris Paris, c’est pour une bonne raison : j’ai rendez-vous avec les Presets.

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Si tu as suivi tous les épisodes, tu sais déjà que la deuxième moitié des années 90 reste, sur le plan musical, un règne de peste et de famine qui m’a plus d’une fois donné l’impression de remplacer Miou-Miou dans Les Valseuses, regardant les robinets couler pendant que Gérard Depardieu investissait de l’épaisseur propre aux idiots sa crédule intimité. Bref, ça meulait dans le vide. D’un côté, la dépouille de la drum & bass qui refusait de capituler devant l’assaut pourtant massif d’une deepness outrancière dont le but était de toute évidence de transformer la planète en un pharaonique cocktail pour dames; de l’autre, le post-rock, la musique des supermarchés de l’Atlantide. Et de toutes ces années à peine moins pénibles que d’avoir la tête maintenue dans l’eau des chiottes par Bob Sinclar dans les toilettes d’un stade où Tiestö fingerbangerait vos mères sur écran géant tout en jouant un extended mix de 49 minutes du dernier Arctic Quest sur lequel Teki Latex improviserait un medley ad lib de “Bambino” et du “Petit Bonhomme En Mousse”, 1999 reste sans doute aucun la pire de toutes.

Eh bien, crois-le ou non, punk, j’ai quand même réussi à en extraire dix morceaux.

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En 1986, j’avais 10 ans. Et s’il y a bien un truc que je détestais quand j’avais 10 ans, c’était les bouquins de Marcel Pagnol. Ce délire moustaches fines et honneur de la famille saupoudré comme ça de conservatisme bonhomme et de noblesse des sentiments, ça me donnait juste envie de me rogner la face sur des anneaux de classeur ouverts. Tous les gamins trippaient dessus en plus… Faut dire, le concept en béton, l’air de rien : le mec c’était Michel Drucker, Devendra Banhart, Nicolas Sarkozy, Laurent Romejko et Fugazi à lui tout seul, quand même. Humanité, respect, humilité, goût du beau, valeurs d’en France et poil plissé. La garrigue, aime-la ou quitte-la, avec une bartavelle dans la musette et des rêves plein ta tête de branle-cul qui respire par la bouche, si possible. Mais si ça se trouve, Marcel Pagnol il existait même pas en fait. C’était juste un gugusse inventé pour que les gosses entrent en mode “Plan Epargne Retraite” dès la 6ème, tu vois ? La promesse des cigales, de la vieille pierre et du jarret de porc après 50 ans passés à vivre comme un veau. Mais un veau digne.

Sois rassuré, punk. En 1986, j’étais déjà sur la mauvaise voie.

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En équilibre précaire sur le bord d’une falaise, jambes écartées et poing ganté d’une mitaine cuir pleine peau à clous, levé comme une antenne de justice défiant le cosmique, le visage noyé par les dernières lueurs d’un couchant déchiré par des guitares jaune banane imitant le hénissement du mustang, le jeune aime à montrer son incompréhension d’une société qui a déposé les armes sans résistance aucune devant le courbeur à cils électrique mais continue à ignorer avec la plus rigoriste crânerie sa démo 3 titres de rub-a-dub ghetto-tech.

Le jeune est parfois un brin excessif, il faut le reconnaître.

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Tout le monde aime un bon feu de bûche, la chaleur d’une ambiance bois, l’éminence d’une assise sur peau d’animal mort et le confort d’un textile de goût façon Equinoxe, Devernois ou Jeanine Pauporté.

C’est bien naturel.

Cependant, il est également bon, parfois, de voir traîner devant nous les corps de nos ennemis et d’entendre s’élever sur la steppe les lamentations de leurs épouses.

Fouailles donc dans cette playlist avec la voracité d’une pute thaï affamée par son mac après qu’il ait découvert son visa illimité pour le Mozambique, où elle comptait tracer à la chacal afin d’y lancer une collection de shorts mi-saison en serge et popeline.

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Un groupe que beaucoup voyaient déjà mort-né après une signature immédiate sur International DeeJay Gigolos et le buzz un rien démesuré qui en a résulté. Le genre de plan dont personne ou presque ne réchappe. À moins de ne bénéficier d’une sévère dose d’intelligence et de passion, et de toujours garder à l’esprit son but initial : abattre sans se retourner, pousser à coups de crosse sous la douche à merde, punir, venger, bref, arrêter les montres. Autant de qualités qui ont fait de The Arrogance Of Simplicity, premier album des Penelope[s], ce qu’il est : un disque flamboyant, unique, décomplexé, transcendant les genres pour n’en imposer qu’un, le sien.

Blind-test avec Axel et Vincent, les deux membres du groupe.

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Bon, on va faire simple : celui qui me parle des Nuits Sonores cette année, c’est deux baffes.

Vérifie moi ça comme la baise dehors :

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Si l’Histoire ne sait pas encore quel sort réserver à LCD Soundsystem, groupe aux sommets flamboyants (”Losing My Edge”, “Yeah”) mais au premier album bien trop inégal pour lui assurer l’intronisation directe au panthéon du disco-punk, elle a en revanche déjà réservé un chapitre entier à sa tête pensante, James Murphy. Un loser parmi les autres dans la filandreuse scène hardcore-punk US qui donnera naissance, sans vraiment le vouloir, à une des plus grosses machines à danser de la planète : DFA, studio et label qu’on a plus vraiment besoin de présenter. A l’occasion de la sortie du surprenant Sound Of Silver, James Murphy fait repasser à LCD Soundsystem un nouvel entretien pour une place de choix dans le Grand Livre du Zouk.

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“On était parti pour fêter les 10 ans du Pulp - notre petit club chéri a pas mal fait bouger les gouines, les hétéros, les pds, les moitiés moitiés, les bizarres …. On a essayé d’imposer une autre manière de voir la nuit à Paris, plus “démocratique”, moins people. Un espace ou les rapports hommes / femmes , riches / pauvres , branchés / ploucs …… étaient différents - un espace d’expérimentation musicale où les artistes n’avaient pas besoin d’avoir vendu 10000 copies pour etre bookés. Un espace où on pouvait mixer de la minimale, du rock ou de la country dans la même nuit….

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