
Je suis assis depuis 25mn dans le métro en face d’un sosie de Kevin Spacey avec un sac Colgate qui éternue toutes les dix secondes en remplissant une grille de sudoku au feutre violet. A un moment, je remarque qu’il a les pieds levés à quelques centimètres du sol et je bouge mes jambes pour lui faire de la place. Il me répond “non, merci, je les garde comme ça sinon je vais me brûler”. Juste à côté, il y a un type en pull qui boit une bière mais dans un vrai verre à pinte, en verre, en lisant le journal, comme s’il était à la terrasse d’un café. La pression monte d’un cran quand un joueur de clarinette entre dans la rame et se met à jouer sans sourciller une version dodécaphonique de “La Isla Bonita”.
Nous sommes le 25 avril 2007 sur la ligne 4, il est 18h, et, cerise sur ma part d’horreur sociale du jour, je me dirige vers le Paris Paris.
Et malgré cela, tel le junkie qui sait qu’il va toper de la brune coupée à autre chose qu’à la poussière de ciment, j’observe chaque seconde s’égréner en gardant un flegme de façade, parce que si je trace au Paris Paris, c’est pour une bonne raison : j’ai rendez-vous avec les Presets.








