Blog

  Sandwell District, Benchmark of purity // ++Function interview

A l’occasion de leur venue imminente à Paris, le 17 décembre à la Gaité Lyrique, Get The Curse revient sur l’histoire de Sandwell District, passionnant collectif qui a su marier culture punk et techno des origines.
Et puisque l’on ne fait pas les choses à moitié, un de ses membres fondateurs, Function, a accepté de répondre à nos questions.


Texte : Hugo Le Duff, John & Tomas More
En partenariat avec Trax.

A l’heure où les labels se ruent vers les agences de promo et les moyens de communication 2.0 comme un rempart face à la crise sans fin de la vente de musique, Sandwell District exhibe fièrement sa non-communication.

Pas de promo, pas de site internet, des interviews au compte-goutte, une discographie difficilement compréhensible, des pseudos en forme de chaises musicales, la tâche n’est pas facile pour le fan de SD.

Et pourtant leurs noms sont apparus partout, dans les charts et tracklistings des DJ stars autant que dans le mix du blogger du coin ; de la scène house à celle de la techno qui ne plaisante pas, Sandwell District s’est imposé comme une marque de fabrique légendaire et mystérieuse en quelques années.

Des albums vinyles pressés à 200 exemplaires, une esthétique extrêmement soignée, un discours rare et radical, des dates précieuses, tout était réuni pour construire le mythe. Pourtant la musique de SD n’est pas facile à vendre. Sombre et sans concessions, c’est une techno primitive ralentie, Detroit version aride, brute et rêche.
Objet d’un culte grandissant ces quatre dernières années, le collectif Sandwell District est riche d’une histoire passionnante, croisement de nombreuses influences, puisant ses racines dans les scènes rave et post-punk anglaises, et la techno pionnière d’Underground Resistance.

Sandwell District voit le jour en 2002, sous l’impulsion de deux vétérans de la techno, Regis et Function (respectivement Karl O’Connor et Dave Sumner). Sandwell naît sous la bonne étoile du légendaire label Downwards, maison mère de Regis à Birmingham depuis le début des années 90. Provocateur, passionné par des écrivains subversifs comme George Bataille ou Jean Genet, le réalisateur anglais Derek Jarman, ou encore le graphiste « maître du bizarre » Val Denham, Regis est totalement immergé dans une culture punk anglaise anticonformiste. Sa rencontre avec le courant techno qui déferle alors partout en Europe va mettre le feu aux poudres dans la création en 1993, avec Tony Child (Surgeon), Peter Sutton (Female) et son pote Ian J. Richardson, d’une structure sans compromis, afin d’explorer « les possibilités et l’esthétique de la techno ».

Le but : faire de Downwards un lieu d’expérimentations totalement « do it yourself », où vont cohabiter une techno dure, rapide et sans concession, et la musique industrielle britannique des années 70-80, pour laquelle Regis voue une grande fascination.
Pour beaucoup de techno fans Downwards devient un incontournable, avec des classiques comme « Communications » de Surgeon, « Gymnatics » ou « Penetration » de Regis, ou encore les tout premiers British Murder Boys, duo iconoclaste et insolent formé par O’Connor et Surgeon, dont les prestations live ravageuses ont marqué toute une génération (voir ce documentaire).











Downwards constituait donc en 2002, pour Regis et Female, un solide pilier pour le démarrage de l’aventure Sandwell. Forcément influencé par la techno américaine, Regis va faire appel à ses amis de longue date, le New-Yorkais Dave Sumner (Function) et Juan Mendez (aka Silent Servant), installé à Los Angeles. Leur rencontre, que l’on vous raconte ici, va être déterminante dans la dynamique que prendra le label dès sa création.

Bien qu’il n’ait rencontré le succès international que très récemment avec Sandwell District, Dave Sumner totalise aujourd’hui plus de 20 ans d’expérience dans le milieu des clubs et de la techno. Né à New York, il commence à la fin des années 80, alors âgé de 15 ans. Le déclic se fait lors qu’il va pour la première fois au Limelight, un des établissements fer-de-lance de la dernière grande époque des nuits new-yorkaises, à une période où il était tout à fait normal de croiser Madonna sur la piste de danse. Sumner y devient très vite DJ résident et participe à l’émergence de la techno au début des années 90. Il commence un peu plus tard à organiser ses propres soirées, en s’inscrivant directement dans le sillage des Storm Rave Nights du légendaire Frankie Bones, l’homme qui a importé la culture rave aux États-Unis. Ce même Frankie Bones qui n’est d’ailleurs pas inconnu d’O'Connor et Sutton, qui le découvrent à la même période, lorsqu’il jouait en première partie d’un concert des Stones Roses.

Entre-temps, c’est grâce à nul autre que Dennis Ferrer que Sumner sortira son premier disque. Au début des années 90, ils étaient tous deux employés dans une boutique de matériel sonore où Ol’ Dirty Bastard ou les Beastie Boys faisaient leur shopping. En 1995, Ferrer co-fonde avec son ami Damon Wild le label Synewave, sur lequel sort un an plus tard le premier EP signé Function. Via un autre organisateur de soirées clandestines, Danny Cliffton, Sumner rencontre O’Connor et Sutton alors que les deux britanniques sont en visite à New York. Le courant passe immédiatement entre eux et les trois deviennent rapidement proches. Plus tard, O’Connor rencontre Juan Mendez lors d’une virée à Los Angeles, à la recherche du responsable de tracks incroyables sortis sur le label Cytrax, et le présente au reste de la bande.

Le deuxième choc pour Sumner a lieu lorsqu’il rend visite à O’Connor, installé à Berlin. Il affirme que la seule chose qui puisse se rapprocher de son inoubliable et inégalable première expérience au Limelight, est sa première soirée passée au Berghain. C’est à ce moment qu’il décide d’emménager dans la nouvelle capitale de la techno, et qu’au cours d’une semaine de sessions en studio, les deux amis composent une bonne partie des premiers disques de Sandwell District.






L’esthétique rave industrielle de Regis et Female, et les boucles brutes, infinies et millimétriques de Function et Silent Servant vont donc trouver un écho redoutable dans les clubs berlinois. Sandwell a constitué dès le départ pour ces quatre là une structure de création intéressante, avec des possibilités d’exploration et d’expression infinies. Se retrouvant rapidement playlistés par Marcel Dettmann, Shed ou Sleeparchive, la popularité du collectif est devenue grandissante, en contradiction avec l’image secrète, punk et “anti-système” qu’ils revendiquaient (et revendiquent toujours).
La force de SD est sans doute de jouer depuis le départ avec cette contradiction : un jeu du mystère, avec une communication réduite à son minimum, mais une musique à la qualité constante, toujours associée à un univers graphique très fort (la visite de leur énigmatique tumbr intitulé « Where Next ? » vaut vraiment le détour). Sandwell a également su émerger en plein « revival » techno, à la fin des kilomètres de minimale, à l’heure où « Berghain techno » est sur toutes les lèvres, et en mettant en avant des influences post-punk et cold wave (Fad Gadget, Throbbing Gristle, Cramps, Section 25…) qui ont su trouver un public.

Mais tout ce mystère et ce discours résolument subversif ne sont-ils pas simplement une forme sophistiquée de marketing version punk ? Faire grandir le mystère pour exciter les néophytes, saliver les fans et grandir les rangs des aficionados qui s’arrachent leurs sorties ?

S’ils s’en défendent catégoriquement et rétorquent que “tout se fait naturellement” et qu’il n’y a aucun calcul de leur part, nous pouvons en douter. Derrière le masque rebelle se cacherait-il des petits malins réutilisant les recettes historiques de la techno sans visage pour faire leur terrier ?

C’est pourtant difficile à croire. Il semble plutôt que Regis, Function, Silent Servant et les autres membres de ce brillant groupuscule techno aient trouvé la recette pour contourner les formules soi-disant magiques de l’industrie club moderne et atteindre un équilibre rêvé entre intégrité artistique absolue et exigences commerciales. Feed Forward.”

—-

On vous rappelle que les Sandwell District (avec Function et Regis) se produiront en live samedi prochain à la Gaité Lyrique, à l’occasion d’une soirée exceptionnelle intitulée “From Hypnosis to Rave“. Mondkopf, qu’on ne vous présente plus, a concocté un plateau rare, entre expérimentation pop et techno radicale : Mondkopf (DJ) / Demdike Stare / The Field / Rrose, et donc Sandwell District.

On vous fait gagner 5 invitations par tirage au sort : envoyez nous votre nom par mail avant vendredi – minuit. Bonne chance!

BILLETS : 18€ PLEIN TARIF / 15€ TARIF ADHÉRENTS DE LA GAITÉ LYRIQUE

[Event ResidentAdvisor] – [Event Facebook] – [Résa Gaité Lyrique]





- Dave, qu’est-ce qui t’a attiré vers la musique électronique pendant que tu vivais à New York ?

Elle faisait partie de mon entourage pendant que je grandissais, et elle a tout de suite suscité un vif intérêt chez moi. Je suis immédiatement tombé amoureux des synthétiseurs et du matériel électronique, surtout parce que leur son me paraissait totalement hors de ce monde. A l’époque, je savais reconnaître le son des instruments traditionnels (piano, violon, saxophone, batterie, etc.) mais la première fois que j’ai entendu des sons électroniques je n’arrivais pas à dire d’où ils venaient, alors j’ai commencé à chercher…

Quand j’étais gamin, j’ai grandi en face d’une piscine en plein air qui s’appelait « The Brook », à Brooklyn. Le weekend, des fêtes dansantes y étaient organisées, le samedi soir. J’étais trop jeune pour y aller mais mon jardin donnait en plein dessus, et tout l’été durant je pouvais entendre toute la musique qu’on y jouait. C’était une expérience incroyable, qui m’a appris beaucoup et m’a énormément influencé. C’était au début de l’électro, vers 80-83, pile au moment où le breakdance a débarqué, donc on entendait beaucoup de très bonne musique électronique à cette piscine, et également à la radio. Aussi, à cette époque, les thématiques tournaient souvent autour du « Futur » et de la science-fiction, donc très jeune j’ai été exposé à des choses comme Kraftwerk, Soft Cell, The Human League, Man Parrish, Devine, Freeez, Yaz (ou Yazoo), New Order, Afrika Bambaataa, Arthur Baker, John Robie et Giorgio Moroder. Ca date de quand j’avais 7 à 10 environ et j’ai été immédiatement séduit par tout cela.

Mais il n’y avait pas que ça : New York avait un paysage musical extrêmement diversifié à l’époque. On était forcément confronté au punk, au disco, à la synth-pop, au hip-hop et à la hi-energy. C’était une époque très spéciale. Je pense que la musique d’aujourd’hui et sa culture doivent énormément à ce qu’il se passait à New York à cette période…

- Quelle fut l’influence sur toi de la techno des pionniers de Detroit ? Tu as probablement grandi avec…

En fait, Detroit n’est arrivée que beaucoup plus tard pour moi. En ces temps-là, tout était très localisé, les scènes isolées, donc j’ai connu Detroit bien plus tard. Cette musique ne convenait pas pour les radios new-yorkaises, en tous cas pas aussi bien que la musique de New York ou même celle du Royaume-Uni. Et pour être tout à fait honnête – sans pour autant retirer quoi que ce soit à Detroit, car elle Detroit BEAUCOUP pour moi – de mon point de vue, la techno n’a pas seulement commencé là-bas. Je pense que des choses comme l’interprétation de Karftwerk par Afrika Bambaataa, ont autant à voir avec le début de ce qu’on considère aujourd’hui comme la techno, que Juan Atkins. Mais comme je disais, tout était vraiment localisé. Chaque grande ville avait son propre truc.

Aux États-Unis comme en Europe. Cependant, New York était là où il y avait le plus de choses, car il y avait énormément de monde dans une toute petite zone. De plus, sur les cinq arrondissements il y avait plein de quartiers, de différentes communautés ethniques, de classes sociales, tous distincts, avec leur propre culture et leur propre paysage musical. Alors que quand la techno s’est développée à Detroit, la ville était désolée. Tout le contraire de New York en fait. La musique à New York avait beaucoup à voir avec les relations humaines alors qu’à Detroit il s’agissait plus de faire face au paysage et à la déchéance d’une ville, détériorée au point que sa population avait diminué drastiquement.

- Au sein de Sandwell District, vous semblez avoir chacun des origines musicales différentes. Quelle est l’importance de cela dans l’alchimie entre vous quatre ?

Je ne pense pas que nos origines musicales soient si éloignées. Il y avait des différences régionales et culturelles, bien sûr, mais je pense qu’au fond, nous avons beaucoup d’influences et de goûts en commun. C’est surtout cela qui nous unit. J’aurais tendance à penser qu’un groupe dont les membres viennent de LA, New York et Birmingham serait étrange… Mais je crois qu’initialement, que Karl et moi nous sommes rapprochés grâce à beaucoup de choses qui venaient de New York et de Grande-Bretagne. Je crois même que la première fois que nous nous sommes rencontrés, nous avons eu une discussion passionnante sur le fait que bien que nous ayons grandi dans des endroits différents, nous avons été affectés par la même musique.

- Justement, comme vous êtes-vous rencontrés ? Comment la connexion s’est-elle faite entre les britanniques et les américains ?

Karl et moi nous sommes rencontrés à New York en 1996 quand il est venu pour jouer à quelques dates. J’habitais à Midtown Manhattan à l’époque et j’ai hébergé lui, Peter Sutton et Richard Harvey. Nous avons immédiatement accroché puis commencé à bosser ensemble. Quelques années plus tard, Karl a rencontré Juan Mendez à Los Angeles, à peu près de la même façon. Dans les deux cas la connexion s’est faite via Downwards : quand Karl tournait aux États-Unis, Juan et moi l’accueillions dans nos villes respectives et le soutenions en tant que fans lors de ses shows. Et bien que nous nous soyons plus tard rencontrés par le biais de Karl, Juan et moi nous connaissions déjà via nos travaux respectifs.

Sandwell District est l’aboutissement de bien des années de travail et d’amitié. Nous en sommes arrivés là sans vraiment planifier. Tout s’est passé très naturellement au cours de ces 15 dernières années.

- Vous avez la réputation d’être parmi les « plus underground » du monde de la techno. Que dites-vous de cela ? Et alors que son sens a évolué au cours du temps, qu’est-ce que ce mot signifie pour vous ?

Je ne sais pas. « Underground » est devenu un terme dont on abuse. Je crois que les gens l’utilisent pour désigner l’intégrité. J’ai le sentiment que c’est devenu un mot souvent employé pour désigner la house ou la techno qui n’utilise pas ou n’a pas besoin de clichés évidents et de gimmicks pour susciter des sensations et créer un imaginaire.

Pour ce qui est de notre réputation d’être « les plus underground » ? Je ne sais pas, je pense que garder son intégrité devrait être une priorité pour n’importe quel artiste digne de ce nom. Mais on vit dans une époque où il est devenu pas seulement complètement acceptable d’être un vendu, dans certains milieux c’est même encouragé, ou alors les gens s’y contraignent. Donc j’imagine qu’éventuellement, nous sommes devenus une référence en termes de « pureté ». Peut-être.

- Quel regard portez-vous sur la scène techno actuelle ? Y a-t-il des artistes ou labels techno contemporains que vous appréciez particulièrement ?

Ces dernières années ont été très intéressantes pour la techno. Beaucoup de terrains nouveaux ont été explorés et les choses ont l’air d’avoir avancé. Bien que, malheureusement, le phénomène de localisation ait quelque peu disparu. Ce n’est pas forcément un mal car de nouvelles choses sont apparues grâce à cela. Mais on se dirige vers la monoculture. C’est devenu difficile de distinguer d’où les choses viennent. Avant c’était bien plus facile d’écouter quelque chose et de déterminer d’où ça vient. Enfin, c’est peut-être un problème personnel : j’ai du mal à lâcher prise, j’ai toujours été très nostalgique et je ne peux m’empêcher de constamment évoquer des souvenirs, ou de m’accrocher désespérément au passé. J’ai toujours détesté voir le temps passer inexorablement. C’est quelque chose d’assez triste pour moi, un peu comme la mort…

Pour ce qui est des artistes et labels, j’ai toujours été un immense fan de Jeff Mills, Robert Hood et Luke Slater. Tous trois continuent encore à sortir d’excellents disques. Aussi, Blackest Ever Black et Raster-Noton sont parmi la poignée labels que j’aime beaucoup en ce moment…

- Quel équipement utilisez-vous pour faire de la musique ? Peux-tu nous en dire plus sur votre approche vis-à-vis du matériel ? Êtes-vous des passionnés de l’analogique ou est-ce que vous essayez de tirer le meilleur de l’association entre analogique et numérique ?

Je ne pense pas que ce soit très important. En fin de compte, nous utilisons tous les moyens nécessaires. Je suis passionné du matériel analogique et du matériel numérique, et je pense que les deux devraient être utilisés en tandem, ou combinés d’une façon ou d’une autre selon les besoins de l’artiste. C’est comme le débat Mac contre PC. Ou vinyle contre numérique. Ce qui importe est le résultat final. Ce qui sort des enceintes, les sensations que cela produit et l’imaginaire évoqué, c’est cela qui compte le plus.

J’ai l’impression que les gens adorent ce débat. Pour ma part, je ne comprends pas. Est-ce que si je ferme les yeux et écoute, ça m’émeut ? C’est ça qui m’importe. D’ailleurs, je veux même me retrouver à me demander comment celui qui a fait ça y est parvenu. Notre processus de composition est fait de notre magie à chacun… Comme pour n’importe quel artiste ou musicien.

- Les artistes techno sont souvent vus comme des gens sérieux, un peu moroses, ce qui, la plupart du temps, est faux. Tout de même, nous sommes curieux de savoir à quoi vous ressemblez en dehors de la scène.

Je me suis un peu mis à l’abri ces dernières années. Depuis que j’ai emménagé à Berlin, ma vie a beaucoup changé. Je ne vis plus dans ma ville ni mon pays natals, ce qui n’est pas plus mal. Je suis pratiquement remis de mon départ des États-Unis et j’aime bien cette sensation de ne venir de nulle part. C’est un peu comme dans « Future Shock » d’Alvin Toffler.

- Quels sont les prochains projets pour toi et pour Sandwell District ?

Comme nous avons attaqué la « Phase 3 », nous nous sommes ouverts et travaillons avec plus d’artistes. Cette année nous avons sorti des disques de Rrose, de Rrose vs. Bob Ostertag, et d’Yves de Mey. Nous ne sommes pas sûrs de ce qui viendra en 2012 mais c’est ça qu’on aime, le situationnisme total. Pour ma part, j’ai un nouveau 12’’ sur Sandwell prévu pour avant la fin de l’année. Et avant le milieu de l’année prochaine je vais sortir un CD mixé et un album solo.

J’ai aussi pas mal de choses à côté de Sandwell : j’ai un single qui sort sur Echocord Colour avec des remixes de DJ Pete et Scuba, et je vais aussi relancer mon ancien label, Infrastructure. Ca va commencer par une compilation de morceaux déjà sortis mais épuisés depuis un moment, en vinyle, CD et numérique, et ensuite il y aura de nouvelles choses. On essaye juste de bosser autant que possible en fait…




Original English version

- Dave, how were you drawn to electronic music while living in New York ?

I always grew up around it and it immediately peaked my interest. I instantly fell in love with the sound of synthesizers and electronics largely due to the fact that they sounded completely alien to me. At the time I could place the sound of traditional instruments (ie, Piano, Violin, Saxophone, Acoustic Drums, etc) but when I first heard electronic sounds I couldn’t place where they came from, so I sought to find out…

When I was a kid I grew up across the street from an outdoor swimming pool called, “The Brook”, in Brooklyn. On weekends they had Saturday night dance parties. I was too young to enter but my backyard faced it and during the summer months I got to hear everything they were playing. It was an amazing experience and shaped a lot for me. This was during the early days of Electro, from around ‘80-’83, just as breakdancing was hitting. So they were playing a lot of great electronic music there, as well as on the radio. And the theme during this time was very much based in “The Future” and science fiction, so at an early age I was exposed to things like Kraftwerk, Soft Cell, The Human League, Man Parrish, Devine, Freeez, Yaz (or Yazoo), New Order, Afrika Baambaata, Arthur Baker and John Robie and Giorgio Moroder. It was from when I was about 7-10 years old and I was instantly seduced by it all…But it wasn’t only about this.

New York had such a diverse musical landscape at that time. So it wasn’t difficult to be exposed to Punk, Disco, Synth Pop, Hip Hop and Hi-Energy. It was a very special time. I think where we are today with a lot of music and culture is heavily rooted in what happened in New York during these times…

- How did the “pioneering” electronic music from Detroit influence you? You probably grew up with it…

Detroit didn’t come until much later for me. Back during these times things were much more isolated and localized, so I didn’t become familiar with Detroit until much later. Detroit wasn’t radio music in New York much like the music from New York, or even the UK was. And to be completely honest, not to take anything away from Detroit because it does mean A LOT to me. But from my perspective, techno didn’t only start in Detroit. I feel that things like Afrika Baambaata’s take on Kraftwerk had as much to do with the start of what we now consider techno as Juan Atkins did. But like I said, this was a very local thing. Each major city had it’s own thing going on. In both the US and Europe.

But New York had so much diversity because there were so many people packed into such a small area. And not only that but throughout all 5 boroughs there were so many neighborhoods, different races and social classes, each separate with their own culture and musical landscape. At the point when techno was developing in Detroit, it was desolate. Sort of the opposite of New York. The music in New York had a lot to do with human interaction where Detroit seemed like it was more about dealing with the landscape and the fallout of a deteriorating city where the population had drastically reduced.

- It seems that each of you have different musical roots. How important is this in the alchemy between the four artists in SD ?

I don’t think our musical roots are actually that far off. There were regional and cultural differences, of course. But I think that when it comes down to it, we share a lot of similar tastes and influences. It has a lot to do with why we’re all drawn together. I would think that a group that has formed with it’s members being from LA, NY and Birmingham, UK would have to be… But I think, initially, Karl and I bonded on a lot of things that came from both New York and Britain. I think when we first met we really enjoyed talking about how the same music effected us in our local surroundings as we were growing up…

- How did you meet each other ? How was the connection made between those from the UK and the others from the US ?

Karl and I met in New York in 1996 when he came over to play some gigs. I was living in Midtown Manhattan at the time and him, Pete Sutton and Richard Harvey stayed with me. We instantly connected and began working together. Karl met Juan Mendez within the next couple of years in a similar way in LA. In both situations the connection was made through Downwards.

Karl was in the States touring and both John and I were fans and supported him at gigs and also looked after him when he was in town. Eventually Juan and I connected through Karl but we were also familiar with each other through our music. What has happened with Sandwell District is the result of many years of work and friendship. It lead to this point with no particular plan. It all happened very naturally over 15+ years now…

- You guys have a reputation as being some of the “most underground” people in the world of techno. Any comment on this ? And while its meaning changed over the years, what does “underground” even mean to you ?

I don’t know. The word “underground” has become an overused term which I think people use to describe, integrity. I feel it became a term often used in dance music to describe house or techno which didn’t use or need obvious cliches and gimmicks in order to create it’s feeling and imagery… As for us having a reputation as being some of the “most underground”?

I don’t know, I think with any artist worth their salt, keeping integrity should be in the highest order. But we live in an age where selling out has not only become completely acceptable, in a lot of areas it’s almost encouraged or people pressure themselves into it. So I think, possibly, we’ve become some sort of benchmark of “purity”. Maybe.

- What is your view on the current techno scene ? Are there any contemporary techno artists or labels that you particularly appreciate ?

The last few years have been interesting for techno. A lot of new ground has been broken and things seem to have been progressing. Though, unfortunately, localization due to the internet has become a bit lost. That’s not necessarily a bad thing, as new things have come in the wake of that. But we’ve been heading in the direction of monoculture. It’s become harder to distinguish where something comes from. It used much easier to listen to something and determine where it was from. But maybe that’s my own problem.

I have a hard time letting go. I’ve always been very nostalgic and can’t help but constantly reminisce or desperately try to hold on to the past. I’ve always hated to see time march on. It’s kind of a really sad thing to me, sort of like death… As for artists and labels, I’ve always been a huge fan of Jeff Mills, Robert Hood and Luke Slater. All of which have still been releasing great music. Also Blackest Ever Black and Raster-Noton are of a few labels I’m really into at the moment…

- What equipment do you use to produce music ? Tell us more about your approach to equipment : are you passionate about analog gear, or do you just use the best of both the analog and digital worlds ?

I really don’t think it matters. At the end of the day, it’s by whatever means necessary. I am very passionate about both analog and digital equipment and feel they should be used in tandem or however the artist seems fit. It’s the same as the Mac vs PC discussion. Or vinyl vs digital. What matters is the end result. What’s coming out of the speakers and the feeling and imagery it evokes is what matters most.

It seems like people love this debate. For me, I don’t get it. If I close my eyes, listen and it moves me, that’s what I’m concerned with. If anything, I want to be left wondering how they got there. Our process is part of each of our individual magic…As with any artist or musician.

- Techno artists are often viewed as very moody and serious individuals, which there aren’t at all most of the time. Still, we’re curious about how you guys are like off the stage. What do you like to do besides making music for example ?

I’ve become a bit sheltered in the last couple of years. Since I moved to Berlin a lot has changed in my life. I no longer live in my hometown or native country, which is really ok. I’m kind of over the US and like this feeling of being from nowhere. It’s a bit like “Future Shock”.

- What are you and Sandwell District up to next ?

Since we have ventured into “Phase 3″ we’ve been opening up and working with more artists. This year we’ve released music by Rrose, Rrose vs Bob Ostertag and Yves De Mey. We’re not sure what 2012 will bring but that’s how we like it, total Situationism. As for myself, I have a new 12″ due out on Sandwell before the end of the year. And before the middle of next year I plan on releasing a mix CD and solo album.

I also have a few things happening outside of Sandwell as well. I have a single coming out on Echocord Colour which will include mixes by DJ Pete and Scuba. And I will also be relaunching my old label, Infrastructure. It will start with a compilation of previously released material that have been out of print for a while on vinyl, CD and digital, as well as some new things. Just working as much as possible, really…

+++
Where Next ? // Discogs


1 response to “Sandwell District, Benchmark of purity // ++Function interview”

  1. December 13th, 2011 at 12:09 pm | Musique by romain.m - Pearltrees says

    [...] A l’heure où les labels se ruent vers les agences de promo et les moyens de communication 2.0 comme un rempart face à la crise sans fin de la vente de musique, Sandwell District exhibe fièrement sa non-communication. Pas de promo, pas de site internet, des interviews au compte-goutte, une discographie difficilement compréhensible , des pseudos en forme de chaises musicales, la tâche n’est pas facile pour le fan de SD. — Sandwell District, Benchmark of purity // ++Function interview « Get The Curse music [...]

Leave a response