Index levé droit sur la boule à facettes, prise de pouvoir des membres inférieurs, cils abaissés pour voyage intérieur, long râle expirant dans la stupide animalité : autant de signes infaillibles à la brusque apparition d’une basse inopinée. Lovée dans les tréfonds en mode infra, serpentine et mélodique lorsqu’elle dessine une ligne, ostentatoire quand elle redouble le pied, c’est toujours elle en définitive qui détermine une irruption hardie sur la piste de danse. Petite sélection parmi des choses entendues dernièrement, dansées chez soi isolément, où les graves règnent absolument. Gare aux coups de boomers.


NICK CURLY Friday
in The On My Way EP
(Supernature – 2008)

Emblématique du renouveau house en Allemagne, s’inspirant autant de Dennis Ferrer ou Derrick Carter que de Villalobos ou Dubfire, Nick Curly, soyez-en sûrs, va compter ces prochaines années. Occupé à gérer depuis Mannheim ses labels 8bit et Cécille Records (où il a accueilli Johnny D, Sis ou Afrilounge), il sort aussi régulièrement sur Plastic City, Murmur ou, comme ici, Supernature. On aurait pu choisir un track aux basses souterraines telluriques comme il les affectionne, mais pour commencer (et flatter les penchants pas très naturels des amateurs de ce site) on a préféré mettre en avant son aisance déconcertante à évoluer en after.


PEDRAMOVICH Burka
in Parkhill
(Supernature – 2009)

Encore une beauté à mettre à l’actif du label d’Audiofly. Derrière cette ‘Burka’ se drape un rookie qui ne devrait pas passer inaperçu cette année, Pedram Mehrshahi, anglais d’origine iranienne. Rassurez-vous, il ne nous a pas fait le coup de l’oud perfidement embusqué invitant aux torsions abdominales. À la place, un superbe et autoritaire clavier deep house aux inflexions dub.


ROBERT DIETZ Klondike
in The Green Light
(Deep Vibes – 2008)

Décidément, la galaxie de Nick Curly ne devrait cesser de s’étendre en 2009, puisque Robert Dietz, en provenance de Francfort, est un habitué de Cécille Numbers, la subdivision digitale de Cécille Records (voir plus haut). C’est via ‘The Lab 01’, la nouvelle série de compilations mixées lancée par NRK à sortir en mars/avril et inaugurée par un somptueux double set de l’esthète dancefloor Loco Dice, que nous avons découvert Robert Dietz et ce ‘Klondike’ pour le moins dansant.


PEACE DIVISION Freak this
in Three Corners
(8bit – 2009)

Lors d’une interview pour la sortie de la compilation mixée ‘Coast 2 Coast’ Justin Drake et Clive Henry ne tarissaient pas d’éloges au sujet de Nick Curly, illustrant notre propos et passant à l’acte avec la sortie du maxi ‘Three Corners’ sur 8bit. Adeptes, à l’instar de Radioslave, de pieds qui broient les danseurs sur la piste telle une meule à grains, les deux Londoniens sont des vétérans de la house, qui se sont peu à peu affranchis du tribalisme trop systématique de leurs débuts pour s’enfoncer dans un groove noir, ascétique, fondamental. Nul comme eux pour installer un climat de tension qui doit beaucoup au dépouillement radical de leur manière : la réduction envisagée sous l’angle du relief, ou de la profondeur comme condition du massif. Soit l’incomparable griffe Peace Division.


STEVE LAWLER Kalimba (Shed turtle remix)
in Kalimba
(R&S Records – 2008)

Y a des tracks comme ça qui donnent envie d’être un dimanche après-midi sur la terrasse du Space à Ibiza, à communier avec des lads défoncés dans la sueur, la drogue et les cris. Ça tombe bien puisque le vieux Steve Lawler a été sacré ‘King of Space’ en son temps. Dans le genre désormais incontournable des ‘track à trompettes’, celui-ci, par l’entremise du génial Shed (dont ‘Shedding The Past’ chez Ostgut a été couronné meilleur album 2008 sur Resident Advisor), ne me semble pas démériter, oubliant le trop facile ‘folklore latin’ au profit d’une simple fanfare plutôt claire dans ses intentions.


BLACKBELT ANDERSEN Sandoz
in Alfaz de pi
(Full Pupp – 2006)

Pour ceux qui auraient oublié que le son acid est le produit d’une ligne de basse distordue à l’extrême, en voilà la plus scintillante illustration. On termine dans le coton avec ‘Sandoz’ issu de l’album du Norvégien Blackbelt Andersen à sortir en mars prochain sur Full Pupp, le label cosmic disco de Prins Thomas qui, aux côtés de ses comparses Todd Terje ou Lindstrøm, a fait souffler comme un alizé sur les dancefloors, en redécouvrant la naïveté d’une certaine esthétique lounge que l’on croyait à jamais ensevelie sous la plage du Cafe del Mar, couplée à une mécanique électro aux relents de pétrole. Coucher de soleil sur marée noire en guise de carte postale.


16 Responses to “Playlist # 33 : Bass with a view”

  1. #1 Ed says:

    très belle selection des tracks massifs du moment, mon préféré étant le remix par Shed…Belle découverte que ce Sandoz, REP Albert Hoffman.


  2. #2 Juliette says:

    Ed :
    Albert Hoffman qui a justement fait sa découverte dans les laboratoires Sandoz ;)


  3. #3 Onirik says:

    je me trouve sur la meme longueur d’onde

    :-)


  4. #4 oli says:

    depuis que j’ai ce “freak this” je n’ai qu’une seule hâte, le jouer


  5. #5 Hugo says:

    Le “Burka” est à faire s’écrouler les murs…


  6. #6 John says:

    Shed, une des grosses claques de 2008! Et j’adore le Nick Curly, c’est de la belle ouvrage.


  7. #7 supachik says:

    je retiendrais le peace division, longtime fan


  8. #8 molko999 says:

    de meme supachik – Peace Division: une reference incontournable pour moi aussi.


  9. #9 Dimitri says:

    playlist de gangster


  10. #10 lelo says:

    pfff, molko et supachik qui se font des bisous maintenant…tout fout le camp ! où est la rage ? où est la baston ? arrêtez cette merde emo !


  11. #11 b. says:

    1


  12. #12 fussy fuss says:

    ah wai hyper bien le STEVE LAWLER
    HYPER LATE 90′S HYPER JUNIOR VASQUEZ


  13. #13 b2v says:

    le nick curly est une boucherie sans nom ! chef d’oeuvre !


  14. #14 Limbic says:

    Robert Dietz “kaldike” is such a boring track…sorry Robert!


  15. #15 Ed says:

    Si je ne m’abuse le Blackbelt Andersen figure dans un LP du monsieur qui sort prochainement. Je ne m’y connais pas en nouvelle disco mais c’est un album assez frais, plein de grooves ensoleillés mais avec une touche un peu cold détroitesque au niveau des synthés, ce qui est un très bonne surprise.


  16. #16 Subliminal.Square says:

    Le “Kalima” est une bombe tout simplement. Une playlist qui m’a un peu réveillé les oreilles, j’étais coincé sur Hugo…


Leave a Reply