On ne peut pas dire que la photo choisie pour ce nouveau Rewind soit forcément des plus engageantes mais en même temps on n’est pas sur Boule à Facettes non plus, et puis il fallait au moins ça pour mon premier post depuis près de trois mois, alors ne perdons pas de temps inutile en jaquetances et let’s get down to business, punk.



THE ORB Perpetual Dawn (Ultrabass II)
Extrait de Perpetual Dawn
(12″ – Big Life)

Et il se tint sur le sable de la mer. Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis était semblable à un léopard; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, et son trône, et une grande autorité. Et je vis l’une de ses têtes comme blessée à mort; mais sa blessure mortelle fut guérie. Et toute la terre était dans l’admiration derrière la bête. Et ils adorèrent le dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la bête; ils adorèrent la bête, en disant: qui est semblable à la bête, et qui peut combattre contre elle ? Et je répondis “la BASSE”. Et ce n’est pas seulement parce que j’ai un gros faible pour le reggae et toutes ces feintes de sorcellerie jamaïcaines et que ce remix est (une fois de plus) signé Andrew Weatherall, mais aussi et surtout parce que cette merde tue et puis, ma foi, eh bien c’est tout.


PUBLIC ENEMY By The Time I Get To Arizona
Extrait de Apocalypse 91…The Enemy Strikes Black
(LP – Def Jam)


Après l’Apocalypse, la vraie (celle de St Jean, dont le chapitre 13 a plus que sensiblement inspiré le texte que tu viens de lire plus haut), voici la version 91 signée P.E. Titre on ne peut plus prémonitoire puisque le quatrième album des troupes d’élite de Long Island sera la dernière salve massive du groupe avant un long et pénible déclin qui sera amorcé dès l’année suivante avec le sinistre mini-LP Greatest Misses. Et si il avait été tièdement accueilli à l’époque (rappellons que P.E nous avait habitué à révolutionner le hip-hop à chaque nouvel album et que Apocalypse 91 était “seulement” une phénoménale poutrasse de premier choix), temps et recul ont fini par inclure de manière définitive ce disque aux Tables de la Loi. En témoigne le soulful “By The Time I Get To Arizona”, clin d’oeil appuyé à Isaac Hayes (”By The Time I Get To Phoenix” sur l’incontournable Hot Buttered Soul) construit sur un indémontable sample de Mandrill (“Two Sisters Of Mistery”).


ICE CUBE My Summer Vacation
Extrait de Death Certificate
(LP – Priority)


1990 : la fureur et l’outrage ont changé de main en deux disques brutaux, excessifs et radicaux (Fear Of A Black Planet et AmeriKKKa’s Most Wanted). 1991 : Ice Cube enfonce le clou à la manière d’un métayer Aveyronnais : sèchement et sans regrets. Concentré de haine pure, Death Certificate n’épargne personne (hommes, femmes, blancs, noirs, coréens, Eazy-E) et réussit pourtant à être certifié platine avant même sa sortie, uniquement sur les chiffres des pré-commandes. Ice Cube est ici à son point le plus haut et te rosse sans pitié aucune à grands coups de mute bass.


FINITRIBE 101 (Sonic Shuffle)
Extrait de 101
(12″ – One Little Indian)


Tu l’auras sans doute remarqué, mais la loyauté est une valeur numéro un chez Get The Curse. Et c’est en ce sens que je mets un point d’honneur à faire revenir, de Rewind en Rewind, quelques voyous tels que les Revolting Cocks ou Andrew Weatherall. Combo passion pour cette session 1991 puisqu’on retrouve cette fois-ci RevCo et André sur un seul et même morceau, ou presque : le Sonic Shuffle Remix signé Weatherall du 101 de Finitribe, représentants écossais de ce qu’on se plaisait à nommer début nonante l’industrial-dance-music et, accessoirement, premier groupe de Chris Connelly, futur membre des Revolting Cocks. Vous suivez ?


PRIMAL SCREAM Don’t Fight It, Feel It (Scat Mix)
Extrait de Don’t Fight It, Feel It
(12″ – Creation)


On n’aimerait vraiment pas avoir l’air d’insister mais puisqu’on reparlait de Weatherall à l’instant, autant en mettre une troisième couche tout de suite avec LE classique indiscutable de l’année 91, l’insurpassable Screamadelica de Primal Scream, crossover dance-rock absolu produit par le Maître et dont le seul et unique défaut est finalement d’avoir indirectement enfanté Daft Punk (les Siegfried & Roy de la musique de danse ayant clamé à plusieurs reprises que sans ce disque, ils en seraient probablement toujours à débiter des maxis de noisy pop cagneuse avec les misérables Darlin’). Mais plutot que de vous imposer un extrait de l’album (que vous devez connaître par coeur à ce stade du championnat, du moins je l’espère pour vous), j’ai preferé mettre vos intestints à l’épreuve avec le Scat Mix de “Don’t Fight It, Feel It” et ses vertigineuses sub-bass charriant famine, ruine et saccage, même si quelque part, te parler de sub-bass et te refiler un mp3 128kbps, c’est un peu comme t’annoncer que Martin Scorsese va réaliser le film sur ta vie mais que c’est Dany Boon qui va intérpréter le rôle principal, j’avoue.


VICIOUS BASE feat. D.J. MAGIC MIKE It’s Automatic (Club Mix) + Bonus (The Mac Beats)
Extrait de It’s Automatic
(12″ – Cheetah)


”Impossible de faire plus dansant que cela” : c’est ainsi que s’était exclamé notre Tropicanier (plus communément connu comme la moitié du duo Chef) lorsqu’il découvrit cette absolue cagasse de mekkanik-booty. Face à cela, les mots sont inutiles. Sache juste que l’album dont est extrait ce maxi contient 21 titres et est un chef d’oeuvre absolu et que le clip vaut lui aussi plus qu’un simple détour. Maintenant, joue-moi tout cela en putain de boucle.


NEXUS 21 I Know We Can Make It
Extrait de I Know We Can Make It
(12″ – Network)


Derrière ce pseudonyme riche en fruits se cachent en réalité Mark Archer et Chris Peat, autrement plus connus sous le nom d’Altern 8 (projet qu’ils avaient d’ailleurs lancé avant Nexus 21 et qu’ils ont vite repris en main suite au succès des maxis Vertigo et Activ-8), bref, les undisputed kings du vintage rave sound à son plus mongoloïde. Ce qui me fait penser que si ce genre de merde vous donne envie de boxer les molécules autour de vous comme si il n’existait pas de lendemain, je ne saurais que trop vous recommander l’excellentissime album de Zomby (Where Were U In ‘92? sur Werk), de très loin un de mes disques de l’année 2008. Mais en attendant, vous pouvez vous faire les dents sur ce staccatto pour hangars qu’est “I Know We Can Make It”.


CLIVE GRIFFIN I’ll Be Waiting (Red Zone Dub)
Extrait de I’ll Be Waiting
(12″ – Mercury)


Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus vite dans la house brainless avec le très limite Clive Griffin (plus connu pour ceci) et son relativement sketchy “I’ll Be Waiting”, un des premiers tracks a avoir été qualifié à l’époque de “Garage House”. Comme j’ai pas non plus trop voulu vous brusquer, j’ai choisi le dub, qui est à peine plus présentable (faut pas oublier que tout ça est quand même signé David Morales) mais qui reste un des grands classiques du peak time de la Haçienda aux chaudes heures de Madchester.


UNDERGROUND RESISTANCE Elimination
Extrait de Elimination
(12″ – Underground Resistance)


Cagoules, camouflage en milieu urbain, tactiques terroristes : pour leur neuvième maxi, Mad Mike et ses space troopers opèrent un dégraissage radical pour une force de frappe maximale. “Elimination” a beau être sorti une première fois en 90 (sur le Sonic EP), isolé sur ce maxi, légèrement retouché et débarassé des 3 autres titres du EP (remplacés ici par le sublime inédit “Gamma-Ray”), il gagne en puissance de dévastation de masse et s’impose comme un des indispensables absolus d’UR. Intouchable.


RHYTHM ON THE LOOSE Break Of Dawn
Extrait de Break Of Dawn
(12″ – Network)


Beat sur-cramé (utilisé sur à peu près 9 disques sur 10 à l’époque), nappes à la limite du racket (directement prélevées sur le “Go” de Moby), nom racoleur (”Rhythm” à l’époque c’est un peu comme “Minitel”, “Anorak”, “College” ou “Danger” aujourd’hui, ifyaknowwhaddamean), mais à l’arrivée on marche à 200%, la faute à une l’inoxydable mélodie tire-larmes à l’indestructible savoir-faire d’une paire d’ordures du dancefloor. La plus belle preuve de parenté entre House Anglaise et cinéma d’exploitation Italien : ça vole, ça pille, ça se fout carrément de la gueule du monde mais voilà, ça défonce.


9 Responses to “Rewind << 1991”

  1. #1 Input Selector says:

    Sympa le petit Nexus 21 et le Underground Resistance !


  2. #2 Nat's says:

    chanmé


  3. #3 Dimitri says:

    sélection dosée

    lelo toujours au haut niveau


  4. #4 Groovenvibes says:

    L’U.R. est incontournable à mon avis. Concernant cette année-là. j’aurais aussi pensé à ces 2 tracks dont j’ai déjà parlé :

    _ Blake Baxter When A Thought Becomes You : http://www.groovenvibes.net/post/2008/11/15/Blake-Baxter-When-A-Thought-Becomes-You
    _ Marc Kinchen – Decay : http://www.groovenvibes.net/post/2008/11/05/MK-Decay


  5. #5 oli says:

    Death Certificate… cet album est tellement fat


  6. #6 mat says:

    t’avais déjà recommandé le finitribe sur le mindphaser…bon j’avoue ne pas avoir été convaincu…mais les remixes de wheatherall sur le versus Boardroom sont délicieusement décadents!


  7. #7 hl says:

    Le titre de THE ORB est grandiose ! Reggae til I die.


  8. #8 househusband says:

    Hola,
    Quelle sélection de qualité………Lelo Juan Batista tu es mon idole!
    Bonne continuation,besos


  9. #9 fussy fuss says:

    1991, année charnière pour la TECHNO et par conséquent, je retirai tout les morceaux qui ne font pas BOUM BOUM. Désolé pour le quota de musiques urbaines / issues des minorités.


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