
« Mezzotinto, c’est désormais uniquement un label digital » me lâche Djinxx, proprio du label. Ok, la révolution numérique est passée par là, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver ça triste, un peu comme ce type qui m’a dit « A mort la vinyl » la dernière fois qu’on est venu jouer à Nantes et à qui je n’ai pas su quoi répondre.
Dommage pour ce label français qui perd forcement en visibilité et qui mérite assurément l’inverse. Car il y a quelque chose de très spécial qui s’en dégage. D’abord la musique, très raffinée, sans jamais oublier de caresser le clubber dans le sens du poil. Très Detroit mais avec cette petite pointe electro qui s’inscrit parfaitement dans son temps. . Et puis il y a ce flair, cette capacité à dénicher des artistes sortis de nulle part et pourtant de très grande qualité. L’exemple emblématique reste Mark August qui sorti son premier disque chez Mezzotinto et qui depuis fait les beaux jours de Connaisseur ou Pokerflat. Mais l’on pourrait citer aussi Chymera, Mogdax ou Gary Beck, autant d’artistes qui sur lesquels Mezzotinto mise et qui se révèlent brillants.
Un autre exemple avec le Suédois Martin Skogehall, ironie du sort, responsable de la dernière sortie du label sur vinyl.
La structure est hyper déroutante, je vous laisse écouter.
Martin Skogehall – black lodge

March 13th, 2008 at 12:31 am | Newbie says
Putain c’est bien!
Super bizarre au premier abord, mais après deux trois écoutes ca fonctionne.
cool
March 13th, 2008 at 12:58 am | xandre says
Label qui perd de la visibilité ? Pas si sûr.
Loin de moi l’idée de dire que le vynil est mort. Il est à la base du disco, mouvement du monde de la nuit qui a fait ce qu’on appelle le “clubbing”.
Cependant, sortir du vynil coute cher à produire. C’est beaucoup en petite quantité. Et il coûte cher à l’achat quoi qu’on en dise. 8-9 € et on n’aime généralement pas les 3 titres dessus.
Et le coût d’un maxi en mp3 ou autre n’a rien de comparable avec son équivalent vynil.
En s’orientant sur le format numérique, il s’ouvre le web ! La visibilité se porte sur toute la planète. Pour passer les titres du label ? CD ou Serato / FinalScratch.
Faites un tour sur les netlabels qui mettent a dispo une partie des oeuvres de leurs artistes gratuitement. Pas de vynil et pourtant ces labels ont une visibilité. C’est comme ca que j’ai connu Liquid Level ou encore Alex Stealthy.
Autre point, par exemple le label Kindred Spirit, qui ne sort que du vynil. Savez comment je l’ai connu ?
Pas parce que j’ai écumé les magasins de vynil. Yen a pas par chez moi (la on peut aborder le probleme des circuits de diffusion). Je l’ai connu grâce au web. Un rip d’un vynil déposé sur le p2p, forcément pas vraiment légal et pourtant ce rip a fait gagner de la visibilité à Kindred Spirit.
Pas si simple finalement cette histoire de perte de visibilité …
A chaque label de voir son intérêt à produire ou non du vynil mais le passage par le web est, selon mon point de vue, un passage obligatoire.
Quant au titre de Martin Skogehall , il est tres bien ! Rien de déroutant dans ce track a mon sens. Ca rappelle la techno minimale façon 1990’s à la Robert Hood quand il est en forme.
March 13th, 2008 at 8:18 am | clement says
“En s’orientant sur le format numérique, il s’ouvre le web ! ”
oui, enfin la question n’est pas là car l’un n’a jamais empeché l’autre.
arreter le vinyl, c’est se couper d’une présence physique en magasin, même si’il n’y en a pas près de chez toi, il y a encore bcp de magasins et c’est utile. arrêter le vinyl, c’est aussi se couper d’une présence sur les dizaines de vinyl shops présents sur le web et il n’y a pas léquivalent pour les mp3 shop (beatport+3,4 autres).
en terme médiatique, 99% des chroniques de maxi en magazine concernent les vinyls et pas les sorties digital.
donc voilà c’est aussi simple que ça.
March 13th, 2008 at 9:57 am | debector says
pour en revenir au titre, ça ne ressemble certainement pas à du robert hood.
pour autant, le track est vraimment bon dans cette veine techno minimale, même s’il ne fait pas preuve de grande originalité dans les sons proposés.
merci pour la decouverte de cet artiste.
March 13th, 2008 at 11:00 am | yvan dressamer says
“en terme médiatique, 99% des chroniques de maxi en magazine concernent les vinyls et pas les sorties digital.”
Tout à fait. Sinon il devient difficile de se démarquer de myspace. Créer une identité sur le net via un .com est ardu même si c’est possible; sortir du vinyl officialise, concrétise la production.
March 13th, 2008 at 1:37 pm | Guy Hard says
Oui le titre est minimaliste, proche de l’école allemande, et sans surprise, avec intro et tout le reste. Mais néanmoins agréable. Le label est peut être Détroit, mais ce titre n’est ni electro (au sens français du terme) ni UR dans le style.
Pour le choix du net, en fait le mieux semblerait de s’adapter au public visé. Si le maxi se destine au grand public et nécessite un lancement médiatique, le label doit passer par le vinyl, les labels visant à maximiser leurs ventes en numériques peuvent se contenter d’envoyer des vinyls à la presse spécialisé. Mais ils peuvent aussi envoyer des communiqués ou dossiers de presse à cette presse, pas chers à réaliser, qui indique d’aller sur le site pour accéder gratuitement (seulement pour la presse s’entend) à l’album ou maxi numérique et effectuer par ce support leur chronique. Pourquoi pas envoyer des communiqués de presse sous forme de vinyle qui contiendrait en fait ces infos pour accéder à la réalisation en question. Si le label vise l’underground stricto-sensu et cherche avant tout à créer de la valeur (si tant est que la réalisation en question a une réelle valeur et originalité musicale) par la rareté, alors elle peut produire des vinyles en très faible quantité et se focaliser sur le net. Mais le public Underground numérique n’est pas encore le même que le public underground Vinyle actuel. Les canaux de distribution doivent être utilisés selon leurs avantages respectifs.
Mais encore une fois, promouvoir médiatiquement des artistes pour viser une forte notoriété ( ou créer une forte identité et notoriété de label), c’est un choix qui oblige à prendre en compte les habitudes du média majeur de la musique électronique, la presse spécialisé.
Quant au fait de la disparition des platines lors des sets des artistes, comme le dit xandre, Final Scratch et vous voilà avec du numérique en condition et en toucher vinyl. J’ai vu un set de Guns n Bombs sous FS assé tech, et je n’ai pas fais la différence. De toute manière le vinyle existe depuis 60 ans et s’est avéré le support d’enregistrement et d’écoute qui résiste le mieux aux modes et évolutions technologiques. Il mourra en même temps que les réserves de pétroles mondiales.
March 13th, 2008 at 7:37 pm | yma says
Intéressant tout ces coments, “Il mourra en même temps que les réserves de pétroles mondiales” ça me fait penser que lorsque le petrole aura disparu, on pourra toujours faire fondre tous les vieux vinyls pourris de pop/rock pour faire quelques litres d’essence qui nous permettront d’aller une dernière fois en soirée en bagnole… pour ecouter de la musique digitale
March 13th, 2008 at 10:07 pm | Guy Hard says
Oui parce qu’avec juste les vinyles pourris de R’n'B on aura pas assez d’essence pour arriver à destination
March 14th, 2008 at 12:23 am | xandre says
@ debector : Robert Hood – Detroit (One circle E.P.)
March 14th, 2008 at 1:40 am | Onirik says
une fois n’est pas coutume, je ne suis pas conquis par le morceau proposé. ça devait arriver tout où tard…
Sinon je propose de rajouter dans la “fondue vinyle”:
– la chanson folklorique allemande (ceux qui ont reçu un costume folklorique avec peuvent le garder)
– Lorie
– Celine Dion
– Pakito
Avec ça on devrait pouvoir arriver jusqu’à l’after
March 14th, 2008 at 8:25 am | debector says
@ xandre: on peut toujours trouver des influences c’est sure, en tout cas je n’echangerai pour rien au monde ce maxi de The Vision sur Metroplex qui est pour moi le meilleur de RH.
March 14th, 2008 at 4:53 pm | xandre says
Rassure toi je prefere aussi le maxi de Robert Hood.
Je concede volontiers avoir pris un cas assez particulier dans la disco de RH.
Martin Skogehall – Mezzotinto n’a rien a voir avec, par exemple, l’album Internal Empire (Tresor rec.). Tres inegal d’ailleurs – comporte des tueries techno (minus, chase) comme des tracks tres moyennes.
March 14th, 2008 at 5:04 pm | xandre says
@ Guy Hard : j’adhere a ton analyse. Ceci dit, petite remarque, la presse spécialisée trouvable en kiosque journaux, en France, est tres proche du néant.
Meme si le vynil ne mourra qu’avec le pétrole, constatons que les étendards vynil-freaks des annees 90’s comme L Garnier et surtout Josh Wink ont changés et utilisent TOUS les supports à disposition. (J Wink : vynil, cd, FScratch, boucleur).
Attention, j’ai jamais dit faites comme le gars de Philadelphie… J’ai bien conscience du prix de tout ce matériel.
March 14th, 2008 at 6:19 pm | Guy Hard says
Justement, moi j’attend le fabricant qui va sortir la surface de contrôle avec deux molettes de scratch de la forme, dimension et au toucher d’un vinyl. Ce sera encore plus facile à transporter que les platines, la table, les faux vinyls et le PC. Il suffira d’un Ipod (j’aime pas l’Ipod d’ailleurs cause Itunes) branché sur la surface de contrôle et cette surface elle même branché à l’ampli et aux enceintes de la salle. Les bras fatigués du DJ voyageur diront merci! Remplacer les caisses de vinyles par un truc de 5 cm3 qui tient dans la poche avec une qualité de son équivalente aux vinyles, faut être réactionnaire pour refuser ça. Les VJ n’ont pas envies d’utiliser des bandes magnétiques en Live et je les comprend.
March 14th, 2008 at 8:20 pm | Mister Natasha says
Martin Skogehall – Mezzotinto, franchement j’aime beaucoup beaucoup, c’est très ambiance fin du monde au Cocoon avec Tonton Sven (qui lui est encore un méga consommateur de plaque de pétrole !!! )
March 15th, 2008 at 5:46 pm | Ed says
J’espère que vous avez lu l’article de Ronan Fitzgerald sur les labels vinyl-only, c’est une bonne analyse -> http://www.residentadvisor.net/feature-read.aspx?id=880
Sinon c’est un débat un peu creux je trouve. OK le vinyle à un passé indéniable, c’est une manière de transformer la musique en un objet qui peut traverser le temps et l’espace, c’est la tradition en matière de DJing, etc etc. Pleins d’avantages c’est sûr, pour mixer c’est plus straightforward et agréable meme si le CD permet plus de liberté dans les sets avec les loops etc. C’est agréable à collectioner, ca fait connaisseur etc.
OK la musique digitale prends moins de place physiquement (quelques MO sur ton DD externe :D). D’accord, elle n’est pas objet, la contrepartie c’est qu’elle coute moins cher à produire, et si on est dans un trip environnement il faut avouer qu’elle ne nécessite qu’une infime fraction des ressources et de l’energie nécessaires à fabriquer un maxi et l’acheminer de l’usine à chez toi. Mais au moins, elle est totalement en phase avec les infrastructures de communications et les media à un niveau mondial: en quelques instants elle peut etre dispo où que ce soit dans le monde. Et c’est sur ce point qu’il me semble que le support le plus visible/accessible est le MP3, malgré les défauts qu’on puisse lui trouver.
Après ceci n’est pas forcemment synonime de rémunération pour le label et l’artiste. Mais je suis convaincu que sans Beatport, soulseek, ou meme des plateformes genre RA/GTC/etc beaucoup de gens qui n’ont pas forcemment les moyens et la curiosité de s’interesser à la musique de clubs seraient absents des clubs, et leur présence en tant que public qui paie pour des performances est essentielle. La presse papier est de plus en plus à la ramasse je trouve, malgré des chroniques professionelles ca ne peut pas être au taquet et multimédia comme la presse web…
Je pense aux kids qui voient Vitalic à un festival, tapent deux trois mots-clés dans leur browser et quelques téléchargements plus tard découvrent une galaxie de sons électroniques à déguster en boite, festi, etc…
Serato, Traktor, Torque etc sont la preuve que les 2 supports peuvent co-exister en paix.
j’écoute le morceaux et je vous dis ce que j’en pense :D
March 15th, 2008 at 7:08 pm | telefuss says
SUPERB TRACK THANKS A LOT
March 15th, 2008 at 7:17 pm | telefuss says
MAGNIFIQUE MORCEAU MERCI BEAUCOUP
March 15th, 2008 at 11:44 pm | Robin P. says
Je partage completement l’analyse de Ed, je doute que la presse specialisee ait une importance cruciale a l’heure du web. C’est pas sur papier que j’ai decouvert Claude Von Stroke; de meme si je vais voir Radio Slave le week end prochain c’est notamment a cause de votre batage sur le bonhomme a la fin de l’annee derniere. Les chroniques web comme presse de maxi digitals sont ammenees a se multiplier de toute facon…
Le morceau a une intro poussive mais apres ca fonctionne completement, ca doit etre carrement bien en club!
March 17th, 2008 at 7:22 pm | Boris says
perso , j’aime bien mais je prefere de loin ” rygar”
March 18th, 2008 at 2:05 pm | Felaz says
ED, c un peu le “francis lalanne” de GTC :p
March 19th, 2008 at 12:38 am | monsieur OO says
quote [ED, c un peu le “francis lalanne” de GTC] unquote
March 19th, 2008 at 1:04 am | Ed says
c’est quoi un francis lalanne félaz?
March 19th, 2008 at 10:52 am | oli says
c’est un sorte de Ed de la variété française