“I can’t get eee-nufff of youu bayy-bay”. Non, on n’a peur de rien chez Get The Curse, même pas de citer Winger dans le texte. Tout ça pour dire qu’on va continuer dans la Radio Slave extravaganza pour quelques instants encore, avec cette interview réalisée quelques heures avant la Panik de décembre à l’Elysée Montmartre. Promis, après on arrête et on reparle kuduro et techno roumaine.

“I can’t get eee-nufff of youu bayy-bay”. Always expect the unexpectable at Get The Curse. Even a line from a Winger song. Here’s the third and final round in our Radio Slave Extravaganza Special. An interview we did a few hours before the last Panik party at Elysée Montmartre. And yes, this blabber means there’s an english version.

Comment te sens-tu à quelques jours de la fin de 2007 ? Ca a été une année exceptionnelle pour toi.
Oui, une année incroyable, et dès le début à vrai dire. Beaucoup de musique, beaucoup de disques, et surtout, l’impression que je suis enfin accepté dans le coeur des gens. De plus en plus de monde s’intéresse à ma musique, viennent me voir pour en parler, ou font juste un saut dans la cabine pour me demander de passer tel ou tel morceau. Et ce ne sont jamais des requêtes idiotes en plus (rires). Je ne fais pas une musique particulièrement facile d’accès, ni très commerciale, mais pas mal de monde a l’air de s’intéresser de plus en plus à ce type de son très sombre, très hypnotique.

Après une telle année, on présume que ton premier album ne devrait plus tarder.
Oui, je l’espère en tou cas ! En tout cas, ce ne sera pas un album très conventionnel, plutôt un mélange entre un mix, une compilation et un album, comme un instantané, à la fois de mes sets DJ et des mes productions. En fait, j’ai demandé à une dizaine d’artistes de me donner un morceau à remixer. Et je vais assembler ces remixes dans un genre de mix pour en faire mon album. C’est comme un défi : prendre la musique des autres, la transformer et en faire quelque chose de complètement différent mais d’immédiatement identifiable comme un titre de Radio Slave. C’est assez similaire de ce qu’à pu faire Andrew Weatherall avec Primal Scream dans les 90s. Cela dit, l’album ne sortira pas sur Rekids, d’abord parce que je ne sors pas ma propre musique sur mon label, et ensuite parce qu’on a énormément de sorties qui arrivent et sur lesquelles on veut s’investir à fond.

Comment a été l’année pour Rekids ? J’ai entendu dire que vous aviez perdu votre distributeur.
Oui, c’est malheureusement vrai. En Angleterre, 800 salariés de l’industrie musicale ont perdu leur job durant ces deux dernières semaines. Les temps sont très durs. C’est vraiment terrible pour notre distributeur, mais ça a tout de même été une année très positive au final, car très productive. On a déjà 6 albums prévus pour 2008. 2 de Luke Solomon, 2 de Tobby Tobias également, un en avril et l’autre en octobre, un album de Jack Logan, qui est un incroyable groupe hip-hop, une nouvelle compilation de maxis, et d’autres projets sur lesquels nous travaillons en ce moment.

Et qu’en est-il de Quiet Village, le projet que tu as fondé avec ton ami de longue date Joel Martin ?
L’album de Quiet Village va sortir en mai sur !K7. On signe avec eux dans quelques jours en fait. On a été signés pendant un an sur une major, mais tout était sans cesse repoussé et il y avait pas mal de problèmes, alors on a du attendre pour pouvoir récupérer nos enregistrements et aller voir ailleurs. Là, tout s’annonce plutôt bien. Je suis impatient que cet album sorte parce que c’est très différent de ce que je fais avec Radio Slave et, après m’être consacré à Radio slave pendant toute une année, je suis content de pouvoir changer un peu d’air avec Quiet Village, et de permettre à ce projet de pouvoir se développer en 2008. On a 14 morceaux, il y en aura à peu près 10 sur l’album, je pense. On va faire quelques concerts ici et là, mais on n’aura pas de set live définitif avant 2009. On veut faire quelque chose de très visuel, on travaille notamment avec un ami qui fait des collages de films.

Tu as récemment déménagé à Berlin. Qu’est-ce que ça a changé pour toi ?
Il y a de la musique partout à Berlin, et des boutiques de disques incroyables où tu peux trouver absolument tout ce que tu cherches. Mais je n’ai pas encore eu l’occasion d’y passer beaucoup de temps, donc je ne peux pas vraiment dire pour le moment. La seule chose qui a changé pour le moment c’est que j’ai désormais beaucoup plus de temps à consacrer à ma musique.

Quelles sont tes impressions sur l’évolution de la “club culture” en Angleterre ?
Il y a eu énormément de changements. C’est devenu très très différent. Le truc positif, c’est que Londres est devenu une ville très cosmopolite. Beaucoup d’espagnols, de français, d’italiens…Ca ne peut être qu’une bonne chose. Mais le public et les clubs étaient beaucoup plus ouverts il y a quelques années. Les gens ne se mélangent plus, et la musique non plus. Chaque club a un public et un son spécifique. Je me sens très chanceux d’avoir pu découvrir la “club culture” à la fin des années 80 et au début des années 90, parce qu’à l’époque, tu pouvais entendre un morceau house mixé avec un morceau rock, et juste après un truc hip-hop. Maintenant, c’est quasiment impossible.

C’est quelque chose que tu essaies de réintroduire dans tes sets ?
Oui, quand c’est possible. C’est difficile de le faire dans un club, mais je fais pas mal de festivals et là, ça marche plutôt bien.

D’ailleurs, les gens se demandent souvent quelles sont tes racines musicales. Radio Slave a ce côté finalement très mysterieux visuellement, et ton son est très personnel, il est difficile d’y déceler une quelconque influence.
J’ai toujours écouté un tas de choses très différentes. Du rock, du hip-hop et de la techno, principalement. Je suis passionné de musiques de films aussi, ce qui s’entend un peu plus chez Quiet Village, je pense. Mon tout premier disque, c’était d’ailleurs une BO de James Bond (rires). Je l’ai acheté à Covent Garden, quand j’avais 6 ou 7 ans. Mon père était directeur artistique pour de gros labels et on avait toutes ces pochettes de disques hallucinantes à la maison. Je crois que c’est ce qui m’a attiré en premier lieu, et comme les bandes-son ont toujours les meilleures pochettes… Une autre BO qui a été très importante pour moi, c’était “Blade Runner” de Vangelis. Mon père m’a emmené voir le film à sa sortie et la musique m’a vraiment mis par terre. A l’époque, ça me semblait complètement irréel, le truc le plus incroyable que j’avais jamais entendu.

Il y a une grosse différence entre tes premiers disques et ceux que tu as sorti plus récemment. Tu n’as jamais pensé à changer de nom à un moment ?
C’est une bonne question. Je ne sais pas… C’est juste la façon dont mon son a évolué. Je n’y ai pas vraiment pensé sur le moment. Je me suis juste dit que mon nom ne voulait pas dire grand chose et que je pouvais le garder malgré tout. Mon son a énormément changé mais c’est tout à fait possible qu’il change encore beaucoup dans les années à venir. On ne peut pas savoir.

ENGLISH VERSION

How do you feel now, as 2007 is about to end ? It has been a pretty good year for you.
Yes, an incredible year, from the start actually. Lotsa music, lotsa releases, and most importantly, I feel like I’ve finally been accepted in a lot of peoples hearts, you know ? More and more people know about my music, come and ask me about it or just pop in the booth to make requests, and not stupid requests at that (laughs). I don’t play music that is particularly easy or commercial, and a lot of people seem to have developped a real interest for darker and more hypnotic sounds lately, which is great.

After such a year, I suppose we can expect your first album real soon.
Yeah, hopefully ! But it won’t be anything conventional, more of a cross between a mix, a compilation and an album, like a snapshot of both my DJ sets and my own productions at the same time. I actually asked a few different artists to give me a track to remix and those remixes put together in some kind of DJ mix will become my album. I see it as a challenge, you know : take other people’s music, remix it and make it instantly identifiable as a Radio Slave track. It’s pretty similar in a way to what Andrew Weatherall did with Primal Scream back in the 90’s. Still, it won’t come out on Rekids, cause i don’t wanna release my own stuff on my label, plus we already have a lot of forthcoming releases to focus on.

How has it been for Rekids this year ? I know you recently had problems with you distributor.
Yeah, we lost our distributour. In England, 800 people in the music industry have lost their jobs in the last two weeks. Hard times. It’s a shame we lost our distributor, but it’s been a very positive year in the end, very productive. We already have six albums planned for 2008. 2 Luke Solomon albums, 2 from Tobby Tobias as well, one in april and an other one in october, an album by Jack Logan which is this great hip-hop band, a new CD compilation of 12 inches in may, and a few other projects we’re working on at the moment.

And what about Quiet Village, the project you run with your long-time friend Joel Martin ?
The Quiet Village album will come out in may on !K7 records. We’re actually just about to sign with them. We have been signed to a major label for a year but nothing was happening and there was a lot of difficulties so we had to wait to get our music back and go somewhere else. But now, it seems like the whole thing is finally on track. I’m really looking forward to it cause Quiet Village is something totally different from what I do with Radio Slave and, after a whole year focused on my own stuff, it’s great that we’ll be able to develop Quiet Village a bit more in 2008. We have 14 tracks ready, 10 of which will be on the album I guess. I think we’ll do in & off shows, but the live set will only be definitive by 2009. We’re trying to build a whole visual concept for our live shows, we’re working with a friend who does collages of films and stuff.

You recently moved to Berlin. What has it changed for you ?
There’s a lot of music everywere in Berlin and there’s really incredible shops where you can virtually find everything you want, but I haven’t been there long enough so i can’t really say. The only very positive thing so far is that I now have much more time to make music.

How do you feel about club culture in England these days ?
There’s been a lot of changes. It’s very very different now. The good thing is that London has become very cosmopolitan. Lotsa spanish, french, italians… It’s for the better. But crowds and clubs were more open-minded back then. People don’t mix anymore and it’s the same for music, there’s a club for any specific crowd or sound and it’s a shame. I feel very lucky to have discovered club culture in the late 80s and early 90s cause back then you could hear a house track next to a rock track and a hip-hop track. Now, it’s almost impossible.

Is it something you try to bring back yourself ?
Yeah, well, whenever i can. It’s hard to do it in clubs but I play a lot of festivals and it definitely works very well that way in festivals.

People often wonder what your musical roots are. The whole Radio Slave thing seems so mysterious and your sound so personal and unique that it’s hard to nail any influence.
Well, I’ve always listened to lotsa stuff. Rock, hip-hop and techno, mainly. I’m really into soundtracks too, which seems a bit more obvious when you listen to Quiet Village. My very first record was actually a James Bond soundtrack (laughs). I bought it while shopping in Covent Garden, when I was 6 or 7. My father was an art director for a few big labels and we had those amazing record covers at home, and that’s what attracted me at first. Soundtracks always had the best covers. Another soundtrack that was really important for me was “Blade Runner” by Vangelis. My father took me to see the movie when it came out, and the music really blew me away, it was like the most amazing thing, you know ?

There’s a big difference between your first records and the most recent ones. Did you think about changing your name at some point ?
It’s a good question. I don’t know… It’s just the way my sound developped and i don’t really thought about it at the time. I just assumed the name didn’t mean much so I could keep it anyway. My sound was obviously very different but it will probably be very different in the future too, you can never tell.

++infos:
Radioslave myspace


6 Responses to “Radio Slave – Rekids – Interview”

  1. #1 ldckr says:

    Bonne interview les mecs.
    Sera t’il encore plus fort en 2008 ?


  2. #2 électron libre says:

    comme elle-dé-cé-ka-air

    ps: I love lelo

    ps2: i love kuduro

    ps3: jamais testé

    psp: c’est sympa, mais la DS est bien aussi


  3. #3 clement says:

    bon radioslave en long en large, ça c’est fait.


  4. #4 le loup says:

    lol c nul dix mille trous


  5. #5 Ed says:

    chouette entrevue! cette photo prise au sonar me donne des frissons.


  6. #6 xav says:

    “je ne sors pas ma propre musique sur mon label” hum…. 4 maxis sur 14 sont de lui qd même….


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