Pré-buzz et anticipation sont les mamelles de l’audioblogger, mais dans la course effrénée vers le graal hebdomadaire catégorie hi-octane freshness, on a parfois envie de ralentir la cadence et de prendre son temps histoire de la jouer correct et punishing. Un moment déjà qu’on voulait parler d’Italians Do It Better, ce label dont le nom pourrait se traduire par “Dans ton cul, DFA”, branche décadente et disco-drogue du label Troubleman Unlimited, drivée par le fantasque Mike Simonetti. Une première sortie ultra-confidentielle en début d’année (un mix de Jacques Renault, également connu sous le nom de Runaway, dont le prochain maxi arrive sous peu chez I’m A Cliché) avant l’empeigne de l’année, la compilation “After Dark” qui tourne inlassablement sur nos platines depuis ce printemps, et sur laquelle on retrouve l’écurie Italians Do It Better au grand complet, de l’italo-sci-fi de Professor Genius à la disco minimaliste de Mirage, en passant par la robot-soul fantômatique de Glass Candy. Placés en première ligne du front, les Chromatics ont déjà bénéficié d’une radiographie complète chez tous les blogs soucieux de l’ordre du jour et sont, de toute évidence, comdamnés à une déchiration publique imminente avec la sortie de “Night Drive”, troisième album du groupe et premier véritable long-jeu du label. On commencera donc avec eux, pour une séance de révision express qui ne fera de mal à personne, avant d’attaquer les choses sérieuses.

Eté 2003, deux semaines très précisément avant le début de la canicule. Fin de soirée overcharged chez un crate-digger psychotique perdu de vue quelques années plus tôt et retrouvé au hasard d’une interview avec un acteur dont je tairai le nom et qui avait lancé les hostilités du jour en nous ouvrant les portes de sa cave. Il fait déjà presque jour lorsque, entre deux Brian Eno et un Spacemen 3, il pose sur la platine “Arms Slither Away”, le premier 7″ des Chromatics : déclic instantané. L’album est déjà sorti, pas de temps à perdre, passage en caisse dès le lendemain et, moins de 24 heures après, ce qui avait tout de la tauge irréversible devient un lourd moment d’ennui : “Chrome Rats vs Basement Ratz” est tristement quelconque, énième purge no-wave faussement débridée. Le temps de repiquer une intro de basse pour un sample éventuel et le disque disparaît chez un acheteur moins regardant. Inutile de préciser que je n’accorderai que quelques minutes au disque suivant, “Plaster Hounds” (2004), à peine plus intéressant, avant de lâcher le dossier. Pour le reprendre à peine six mois plus tard avec la sortie de “Healer”, maxi “total MONSTRE alerte” où le groupe joue l’épure intégrale, s’effaçant derrière la voix de Ruth Radelet pour ce qui sonne comme le point de fusion parfait entre Wire, Cure et Donna Summer. Dose fatale en 2006 avec “Nite”, nouveau 12″ tout en sexe et cowbells et, déjà sur le net, les premières traces d’un album fantôme, “Shining Violence”, collection branlante de démos, sur laquelle on découvre le squelette de “In The City”, le morceau qui explosera un an plus tard sur la compilation “After Dark”, le disque qui a été aux soiffards soniques ce que “D.A.N.C.E.” a été à ta concierge : la bande-son de l’été.

Chromatics Nite (12″ Version)

Chromatics In The City (After Dark Version)

Le buzz est largement installé, ne reste plus que l’album pour enfoncer le clou et propager le virus en masse. Ce sera chose faite dans quelques semaines, avec la sortie de “Night Drive” (déjà disponible auprès du groupe dans une version à l’artwork et au packaging légèrement différents), merde de qualité pur venin, où chaque seconde atteint des sommets en matière d’absolute sparkling beauty. Teaser immédiat avec les versions définitives du pré-cité “Healer” et de la sublime reprise du “Running Up That Hill” de Kate Bush.

Chromatics Healer (Night Drive Version)

Chromatics Running Up That Hill (Night Drive Version)

To be continued…

21 Responses to “Italians Do It Better - Part I : Chromatics”

  1. #1 nothuman says:

    J’aime beaucoup Chromatics, mais j’ai tout de même une petite préférence pour Glass Candy.

    Faut absolument écouter le dernier podcast de Resident Advisor, avec Prins Thomas aux platines pour un excellent mix de deux heures. Le label Italian Do It Betters fait bien évidement parti de la très bonne sélection du norvégien.

    http://www.residentadvisor.net/podcast-episode.aspx?id=74

  2. #2 clems says:

    le track in the city est completement sex

  3. #3 Apothicaire says:

    En parlant de RA, le podcast de Chloe est également excellent.

  4. #4 Crame says:

    J’étais jusqu’à ces derniers temps complètement scotché à Glass Candy qui est juste le Velours.
    Mais Chromatics est excellent aussi.
    Plus que “Dans ton cul, DFA”, je traduirais par “Ouvre ton cul, DFA, n’aie pas peur”.

  5. #5 oli says:

    je remercie lelo qui m’a fait découvrir la compil after dark il y a quelques temps

    en tant que babtou renoi j’ai un gros gros faible pour la reprise de last night a DJ saved my life

  6. #6 Crame says:

    Juste dis-nous où “After Dark” est disponible parce que je ne comprends rien aux modes de diffusion et aux tournées de ce label.

  7. #7 oli says:

    Juste tu peux le trouver ici http://www.troublemanunlimited.com/store/non-tmu.php

  8. #8 lelo says:

    Oui, utilise le lien d’Oli pour After Dark, le mix de Jacques Renault et les maxis qui viennent de sortir. Et si tu vas à la source (www.troublemanunlimited.com/store/) tu as aussi tout le shop Troubleman, avec les premiers Glass Candy et les rééditions de Death Comet Crew (hip hop no-wave circa 85, c’est juste inécoutable mais on peut accrocher les pochettes aux murs).

    En tout cas c’est pas cher et ils livrent vite. Pour l’Europe, y’a quelques shops qui l’ont, comme Phonica, mais beaucoup plus cher. Parait que Colette en a et se la joue “distribution exclusive” en France, mais tout le monde sait que c’est mal d’acheter des disques dans une charcuterie.

  9. #9 alex popnotpop says:

    la compil’ After Dark est chez Colette et Gibert

    le magasin Ground Zero va en recevoir aussi bientôt, ainsi que l’album Night Drive des Chromatics

  10. #10 kikou says:

    ah bon ya encore des trucs interessants chez colette ?

  11. #11 waaarlord says:

    il est vraique que le indeep remix est bien bien hot.

  12. #12 juj says:

    cure meets donna summer ? tu sais parler aux hommes, fieffé coquin

  13. #13 Niouby says:

    La reprise de Kate Bush est telechargeable sur leurs myspace. (http://www.myspace.com/chromaticsmusics) Ainsi que quelques autres

    Sinon, c’est excellent, je connaissais pas dutout, merki.

  14. #14 Crame says:

    Juste je l’ai fait.

  15. #15 Ed says:

    Nite est juste impec’, je le mets dans ma playlist “captatio benenvolentiae auprès de mes indie kids

  16. #16 juj says:

    damne, ces chromatiques juste dirigent !

  17. #17 Maxence says:

    Une chronique de la compil’ à lire ici aussi : http://musique.fluctuat.net/blog/19021-italians-do-it-better-c-est-ce-qu-on-va-voir-.html

  18. #18 Maxence says:

    Et Farah !!!! Personne ne parle de Farah !! http://www.myspace.com/farahfarahmusic !! ENORME disco trance no wave

  19. #19 Maxence says:

    On peut carréement commander After Dark chez Colette en ligne… (pour les provinciaux comme moi)

  20. #20 Maxence says:

    Dans le genre il y a aussi Jensen Sportag : http://www.myspace.com/jensensportag (écoutez Victim)

  21. #21 Robin P. says:

    Glass Candy sont fantastiques live.

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