
Get The Curse, c’est, avant tout, la volonté d’assurer un important transit de réseaux savoir-information d’une base de ressources partenaires fantômes à une micro-niche pluripotentiaire de recherche en mieux-danser. Nos outils ? Un fort profil technique déclinable sur un vaste panel de présentations-tableau référencées speedcore et gabber progressive, et une optimisation des solutions de rentabilité de nos systèmes-métiers. C’est dans cette optique que notre axe décisionnel “Etapes du développement de produits” a permis de définir des objectifs de planification et des mesures de scorecarding pour offrir à nos clients de nouveaux paramètres-outils. Objectif 2007 : acter au plus proche de notre target-table et développer notre Know-How stratégico-opérationnel au sein d’un service culture, loisirs ET vie quotidienne. Première nouveauté de la rentrée : un rapport post/météo constant, piloté depuis notre base infocentre, sur une base référentielle Chloé = pluie ; Weatherall = temps variable ; Crowdpleaser = soleil (l’ajout du paramètre Villalobos = neige étant en cours de consolidation sur l’axe Cologne-Bogota). 1994 est, sur la ligne de rapport zouk/bonheur, une année de transition. Elle nécessitera de ce fait une transcription météorologique plus détaillée, disponible ci-après dans un souci de lisibilité totale auprès de notre business partnership.
En clair, tu vas pouvoir remettre un doigt sur le pouls des années mortes, punk.
APHEX TWIN Cliffs
Extrait de Selected Ambient Works Volume II
(LP - Warp)
“Ta femme est rousse et tes enfants débiles”. J’avoue qu’après un an passé à Malakoff, où le simple fait de sortir acheter ses cigarettes était propice à une récolte de sentences aussi improbables qu’intriguantes, Montreuil s’avère tout aussi prometteur en la matière. Celle-ci, obtenue à l’arrachée alors que je passais devant une de ces échoppes hybrides typiques du coin (cyber-laverie, cosmétiques-spiritueux, bar-salon de coiffure, cordonnier-tabac…on gagne un temps fou ici l’air de rien) m’a rappellé que, face à cette tare capillaire, les filles (si l’on excepte une faible minorité qui ressemble invariablement à Axl Rose ou Dave Mustaine) s’en sortent quand même terriblement mieux que les garçons. Par chance, en 1992, lorsque j’ai vu pour la première fois la tête de Richard D. James dans le NME, la photo était en noir et blanc et ses disques, introuvables, ce qui réglait momentanément le problème. Sauf que le problème était justement qu’à l’époque, ses disques étaient bons. Deux ans plus tard, le nom du jumeau autiste est enfin sur toutes les lèvres à l’occasion de la sortie de ce Selected Ambient Works Volume II, double cd de 23 titres à peu près aussi passionnant qu’une après-midi passée à chercher les preuves de la présence de l’Homme en Aveyron, mais surlequel figure “Cliffs”, un des rares morceaux de lui que je suis capable d’écouter sans avoir l’impression qu’un fan de Radiohead est en train d’essayer de me faire comprendre qu’il a des fesses.
THE FALL City Dweller
Extrait de Middle Class Revolt
(LP - Permanent)
Tu l’auras compris, 1994 est une année qui manque systématiquement le coche. Deuxième exemple flagrant avec Mark E. Smith, leader de The Fall, qui connaîtra son apogée deux ans plus tard en s’acoquinant avec D.O.S.E., une bande de branle-panneaux à peine majeurs, pour un single cataclysmique, “Plug Myself In”. Il livrera d’ailleurs dans la foulée sa meilleure tournée promotionelle, arrivant ivre mort aux interviews et déclarant aux journalistes médusés qu’il n’écoutait plus que de la dance italienne et de vieux albums de Nuclear Assault, après quoi il insultait copieusement ses interlocuteurs et s’endormait à même son siège. Bref, en 96, Mark E. Smith savait vivre. 1994 sauve tout de même les meubles avec Middle Class Revolt, 197ème album du groupe d’un niveau tout à fait honorable, grâce notamment au fantastique “City Dweller” qui sonne comme du Happy Mondays à jeun, ce qui n’est pas tout à fait rien.
SCORN Days Passed
Extrait de Evanescence
(LP - Earache)
Sévère mais juste : il faut bien le reconnaître, 1994 a parfois tapé dans le mille, notamment avec Evanescence, troisième album de Scorn, projet solo de l’insaisissable Mick Harris (ex-batteur de Napalm Death), personnage on ne peut plus singulier (dépressif chronique et passionné de pêche à la truite) dont l’electro-dub hypnotique et ténébreux atteint ici des sommets inégalés. En 1994, ceux qui prenaient leur jus d’orange de bon matin sur la terrasse avec leur chat dans les pattes avaient Portishead, ceux qui balançaient le réveil du 11ème étage et se planquaient au fond de la couette parcourus de sueurs froide avaient Scorn. Clear enough ?
THE PRODIGY Break And Enter
Extrait de Music For The Jilted Generation
(LP - XL)
Evidemment, tu n’allais pas y couper. Music For The Jilted Generation, que tu le veuilles ou non restera à jamais LA bande-son de 1994. Dégaines de hippies, public de travellers, The Prodigy a réusi avec ce disque vulgaire, criard MAIS jouissif à faire basculer pendant un instant ton quotidien vers quelque chose de pien plus fucked-up que la somme de tes fantsmes les plus excessifs. A vrai dire, un de mes rares souvenirs de 1994 est lié à ce disque : une fin de soirée dans un club gay de Nancy où tu crois voir 10 000 personnes, jusqu’à ce que tu rendes compte que tous les murs sont recouverts de miroirs et que ça fait en réalité la taille de ta piaule, où tu finis par t’endormir sur un canapé alors que tu pensais juste t’être assis, et où tu te réveilles en pleine partouze (hétéro, bizarrement) pendant que “Voodoo People” avoine sur le sound-system à puissance maximale. Bad trip. Le club a fermé six mois plus tard et passé 1997, on ne pouvait plus décemment écouter ce disque. Reste “Break And Enter” qui réussit tout de même à concilier grâce mystico-futuriste et hululements psychotiques. A la truelle, certes, mais tout de même.
LFO Tied Up
Extrait de Tied Up
(12″ - Warp)
Tant qu’on est dans la finesse, on enchaîne avec “Tied Up” de LFO, premier extrait du désastreux album à venir (Advance, 1996) et sommet d’agression pure flirtant sans vergogne avec l’indus le plus vigoureux. Et là, je te propose un petit jeu, punk : je te donne trois mots, disons “carnage”, “dévastation” et “assaut suicidaire sur rempart humain ayant pour issue débit de viande en quartiers irréguliers”, et tu les colles aux passages adéquats du morceau, ok ? Tu as exactement 5 minutes et 22 secondes.
THE DUST BROTHERS My Mercury Mouth
Extrait de My Mercury Mouth E.P.
(12″ - Junior Boy’s Own)
En 1994, ils s’appelaient encore les Dust Brothers et ce n’étaient que deux geeks scotchés chaque soir au bar de la Haçienda qui préféraient deviser sur le taux de compression du kick de la 17ème piste plutôt que de s’aventurer sur le dancefloor. 13 ans plus tard, ils refont chaque hiver le même set au Zénith et ne passionnent guère plus que les rookies en quête de valeurs-clés et les ostéopathes en New Balance. Et moi, je leur en veux toujours de ne pas avoir mis ce “My Mercury Mouth” sur leur impeccable premier album. Sévère mais juste, ok, mais des fois t’as juste envie d’être sévère.
GIRLS AGAINST BOYS Glazed-Eye
Extrait de Cruise Yourself
(LP - Touch And Go)
Tiens-toi le pour dit, Girls Against Boys a, durant 5 petites années, été le meilleur groupe du monde. Quatre albums d’exception (Tropic Of Scorpio, Venus Luxure N°1 Baby, Cruise Yourself et surtout House Of GVSB sorti en 1996, eh ouais, raté de peu, une fois de plus), deux (oui, DEUX) bassistes, et Scott McCloud, frontman au charisme dévastateur, cool cat absolu dont chaque parole s’épelle P.U.R. S.E.X.E. Preuve que 1994 ne peut pas toujours avoir tort, Girls Against Boys sort cette année-là le moins bon de ses quatre classiques (le groupe sortira deux autres disques relativement médiocres par la suite et vit aujourd’hui sous perfusion, ranimé de temps à autre pour un concert totalement impromptu) mais livre ce qui restera définitivement comme sa meilleure tournée. Pour moi, ça se résumera à un concert à Belfort condamné à trôner à jamais au sommet de mon all-time top gigs ever : groupe en pure psychose phase 12, public mongoloïde, dealers amassés contre les retours sortant le cran d’arrêt au deuxième rappel pour récupérer une mensualité impayée, son dix fois trop fort, et en fin de parcours, “Glazed-Eye”, beau comme le générique du meilleur Abel Ferrara joué par un New Order au fond du trou.
TINDERSTICKS Kathleen
Extrait de Kathleen
(12″ - This Way Up)
Le fond du trou, venons-y justement avec une petite série spéciale “désespoir”. Les Tindersticks, tout d’abord, avec cette crépusculaire reprise de Townes Van Zandt, de loin le meilleur morceau du groupe (et ne figurant évidemment sur aucun album, mais sur un EP sorti à 3 exemplaires et juste introuvable), où Stuart Staples, classe jusqu’à la tombe, raconte la journée la plus pourrie de l’Univers sur le ton résigné de ceux qui n’ont plus rien à perdre, sinon le temps qu’il leur faudra pour choisir entre se laisser pourir dans le caniveau et sortir le gun du placard pour aller régler ses comptes. Magistral.
PALACE BROTHERS Come In
Extrait de An Arrow Through The Bitch
(12″ - Domino)
Et quand tout a cramé et qu’il ne reste plus d’espoir, sinon trouver le chemin le plus court vers une sortie qu’on éspère définitive, il y a “Come In” des Palace Brothers, morceau boîteux où tout menace de s’écrouler à chaque seconde, avançant comme une carriole de fortune en plein cagnard claudiquant vers les portes de l’enfer, sans remords ni regrets, sinon celui que le titre ne dure pas 11 minutes de plus.
THE SABRES OF PARADISE Jacob Street 7AM
Extrait de Haunted Dancehall
(LP - Warp)
On n’a toujours rien trouvé de plus élégant que la mort, mais on ne fera jamais guère plus bandant que la vie, surtout tant qu’il y aura Andrew Weatherall dedans. Un morceau qui commence comme un cardiogramme qui repart et disparaît dans l’air sans même que tu t’en aperçoives, c’est extrait du seul album des Sabres Of Paradise dont on puisse décemment se passer (les bons, ils sont sortit l’année d’avant et celle d’après…sur la touche, 1994, je te dis…) et ça pourrait très bien devenir le meilleur morceau jamais enregistré par un être humain si tu as la bonne idée de l’écouter circa 7h du matin sur le chemin de l’after, en espérant que le sol ne s’écroulera pas sous tes pieds au moment où il se terminera.











September 18th, 2007 at 4:21 pm
Ce n’est pas 1994 qui est à côté de la plaque, c’est toi qui es passé à côté de l’album “Prose Combat” de MC Solaar :-)
Merci beaucoup en tout cas, surtout pour le Tindersticks, poignant au point de t’essoer le coeur à mi-parcours.
Je n’essaye pas le Sabres of Paradise, le post sur Weatherall m’a vacciné.
September 18th, 2007 at 4:23 pm
malakoff, belfort, montreuil, nancy.. que de destinations exotiques, mr lelo !
mais putaing, quand je lis tout ce que je n’ai pas écouté cette année là, je réalise que j’étais grave et que c’était peut-être l’année les plus “à l’ouest” que j’ai passée !
September 18th, 2007 at 5:24 pm
Crame>> C’est marrant parce que sur Prose Combat, il y a “Nouveau Western”, qui était cité dans un des morceaux que j’avais prévu au départ (”Renegade Soudwave” de Renegade Soundwave) qui utilise exactement le même sample de “Bonnie & Clyde”. Crame = M.A.S.T.E.R.M.I.N.D.
Renaud>> Pour la musique de danse, on sait que ça se résume à Berlin-Barcelone-Lisbonne, mais pour l’ambient, le noisy-rock et la transe progressive heavy metal diffusable sur bande FM, je me devais de rester local. Sinon t’as vu, j’ai mis de la musique de cowboy triste pour une fois.
September 18th, 2007 at 11:07 pm
ouais j’ai vu ca, j’étais jouasse. palace et stuart staples, t’as misé sur les bons chevaux !
September 19th, 2007 at 2:59 pm
Pas (encore) lu le reste, mais l’intro est sacrément awesomeboardesque, je me trompe?
September 19th, 2007 at 3:02 pm
Ben non que tu te trompes pas : qui est-ce qui les a écrit les descriptions awesomeboardesques à ton avis ?
September 19th, 2007 at 3:40 pm
Dust Brothers? is it The Chemical Brothers? before…
September 19th, 2007 at 3:57 pm
that’s right
September 19th, 2007 at 4:04 pm
Get The Curse comme les vieux forumeurs de soulseek. Les raves et les soirées des 90s sont à la mode.
I Hate Music …
raconte moi une histoire tonton presque trentenaire.
September 19th, 2007 at 5:48 pm
il est super chéper le track de the sabres of paradise quand meme :p
September 19th, 2007 at 7:20 pm
à Lelo : la vache! Tout s’éclaire! Je sors de la caverne allégorique et me rends compte que le net est bien plus poreux qu’il n’y parait. L’illumination. C’est drôle, parce que ce langage de commercial sonnait comme du HL.
September 20th, 2007 at 2:53 am
que de découvertes! respect.
September 20th, 2007 at 10:15 am
Dieu que cette playliste est……..Proustienne !!!
merci.
September 21st, 2007 at 1:58 pm
Ben je trouve qu’en 1997 on peut quand même décemment écouter Music for the jilted generation… ptet pas celui d’après ni celui d’avant mais cui là, ouais.
September 22nd, 2007 at 3:13 pm
oh pute borgne, kathleen, days passed et tied up ?! jimmy, marry me
September 22nd, 2007 at 3:17 pm
… et come in, putain, j’avais pas vu - décidément, on dirait qu’on a passé une année 94 assez proche … sauf que je parie que t’as pas vu Sister Iodine au théâtre de verdure, et ça c’était à ne pas manquer, pasque tous leurs disques sont mous, alors que ce concert, c’était une éxécution sans phrases
September 22nd, 2007 at 4:57 pm
94 c’était Jacky Durand qui gagne l’étape à Cahors.
September 29th, 2007 at 2:15 pm
Merci for the scorn. would love to hear “falling”