Le monde se divise en deux types de personnes. D’un côté, il y a les gens comme toi et moi, la quasi-totalité de la planète, en fait. Et puis il y a les gens qui, on ne sait trop comment, ont pris une place particulière au fil des années, qui n’ont rien de franchement plus exceptionnel que tous les autres mais sans qui tu as le sentiment que tu serais un peu perdu. Des gens au parcours indiscutable, exemplaire, mais pas sans failles non plus. Des gens qui, finalement, occupent une place moins importante que d’autres sur tes étagères remplies de livres, de disques ou de films, mais qui en ont une bien plus importante dans ta vie. Des gens qui, s’ils te parlent de dentifrice, tu files te brosser les dents dans la seconde. Des gens comme Andrew Weatherall.

Interview réalisée par téléphone en juillet 2007 à l’occasion de la sortie des deux nouveaux albums de Two Lone Swordsmen, Wrong Meeting I & II (Rotters Golf Club / Nocturne)

When Weatherall gets verbal, Get The Curse goes bilingual. Scroll down for the english version of the interview.

Comment t’es venue l’idée de sortir cet album en deux parties ?
Au départ, j’avais envie de sortir un disque avec un coffret qui contiendrait des peintures, des sérigraphies, ce genre de choses. Mais je voulais que le disque tienne sur un seul vinyle, et nous avions à peu près 20 morceaux de prêts, alors on a décidé de répartir les titres sur deux disques : Wrong Meeting I, qui est un coffret vinyle uniquement disponible sur le site de notre label Rotters Golf Club, et Wrong Meeting II, qui est sorti un peu partout dans le monde, de manière classique. Wrong Meeting I est aussi disponible en MP3 haute-résolution chez Beatport, ce qui est assez drôle dans un sens, parce que l’idée derrière ce disque était justement d’aller dans le sens opposé à cela. Je n’ai rien contre le MP3 et le téléchargement, mais je voulais vraiment sortir un disque qui soit un objet très particulier, un peu comme on le faisait avant. Et ça a été loin d’être facile (rires).

Est-ce que c’était aussi une façon de mettre quelque chose en évidence, de dire « voilà, c’est comme ça que les choses devraient être faites » ?
Je pense qu’il est important qu’on continue à faire des objets, qu’on continue à faire exister les choses en trois dimensions. Tout le monde est passé au MP3 mais le MP3 n’est pas une si bonne chose que ça, c’est même carrément moins bien que le vinyle. Mais parce que c’est la nouvelle étape dans la course technologique, c’est devenu ce truc par lequel on doit tous passer, qu’on doit tous avoir chez nous, même si c’est une régression en termes de qualité sonore. Ce qui, quelque part, signifie qu’on n’a plus besoin de qualité. Ecouter un MP3, c’est comme regarder un film à la télé en 1958. C’est nouveau, frais et excitant, mais c’est en réalité un pas en arrière. Je ne suis ni anti-téléchargement, ni anti-ordinateurs, mais je pense qu’on devrait rééquilibrer la balance un peu, et faire des choses qui soient juste belles et créatives avant tout. Les objets auront toujours quelque chose de plus précieux et de plus sacré pour les gens qu’une série de 0 et de 1.

Tu étais très anti-MP3 il y a quelques années encore mais tu as dernièrement soutenu des gens comme Beatport. Ton avis sur le sujet a évolué ?
Je n’ai jamais été foncièrement anti-MP3 ou anti-technologie. Ce contre quoi j’ai toujours été, c’est le fait que l’évolution technologique dicte les choix du consommateur. Je suis contre les compagnies qui créent des logiciels qui n’ont même pas été correctement testés et qui les imposent à des prix rédhibitoires, juste parce que c’est sensé être le dernier cri en matière de modernité. On n’a pas forcément besoin du tout dernier logiciel ni de l’ordinateur le plus puissant sur le marché. Un ordinateur, c’est juste une machine qui te donne accès en quelques secondes à la plus grande banque de données qui existe, rien de plus… Enfin, pour moi, ça s’arrête là (rires). Je ne vais pas devenir pote avec quelqu’un qui n’existe pas, tu vois ? (rires). Les ordinateurs n’ont pas été faits pour ça. Et si tu veux utiliser ton ordinateur pour trouver de nouvelles choses en matière de musique, c’est parfait, je le fais moi aussi. Mais si c’est possible, je sortirai pour me trouver le disque, de préférence en vinyle s’il est disponible. On devrait utiliser internet comme une énorme banque de données, mais la plupart des gens l’utilisent comme la source même de ces données. Ils ne sortiront jamais de leur putain de chez eux, loin de leur machine à entertainment. Voilà où est le problème pour moi. L’ordinateur et internet sont des outils importants mais ils ne seront jamais la solution à tous tes problèmes (rires).

Parallèlement à la sortie de Wrong Meeting I, tu as lancé un programme de souscription sur le site de Rotters Golf Club, qui me rappelle un peu ce qu’un groupe comme Einstürzende Neubauten a pu faire (une souscription ouverte aux fans dont les fonds servent à la réalisation du nouvel album sans avoir à passer par un label, les fans recevant des enregistrements exclusifs et des extras en échange).
C’est juste que, quitte à utiliser toute la technologie dont on dispose, avec toute la modernité et le rayonnement international qu’elle nous permet, autant le faire de façon personnelle, de façon vivante et vraiment interactive, et permettre aux gens de se sentir impliqués. C’est un peu comme un truc de gang. Si les gens aiment ce qu’on fait et s’y intéressent, alors emmenons-les à l’étape supérieure et donnons-leur un peu plus. C’est aussi simple que ça. Je fais juste ce que j’aurais aimé que d’autres fassent pour moi.

Les deux Wrong Meeting sont vraiment incroyables, non seulement parce qu’ils sont très bons, mais aussi parce qu’on a l’impresison d’entendre les disques d’un véritable groupe, d’un groupe qui existerait depuis des années.
Il s’est passé trois ans depuis notre dernier album et, pendant ces trois ans, nous avons fait énormément de concerts, nous avons beaucoup joué et composé ensemble, et il y a donc un certain résultat qui en découle au final. D’une certaine façon, même si Two Lone Swordsmen existe depuis plus de dix ans, je vois toujours From The Double Chapel Gone comme notre premier album, parce que c’est le premier sur lequel nous avons réussi à sonner et à fonctionner comme un véritable groupe. Et les deux Wrong Meeting marquent une vraie progression par rapport à ce premier essai, je suis d’accord là-dessus. From The Double Gone Chapel était un très bon album, mais il était un peu branlant à certains endroits. Wrong Meeting I & II sont encore loin d’être parfaits mais sont bien mieux construits.

On a en tout cas l’impression que le groupe est plus confiant que sur From The Double Chapel Gone.
Quand on a commencé à tourner sous cette forme-là, les gens s’attendaient à voir des types derrière des laptops et nous, on arrivait sur scène avec des guitares et une batterie et on se mettait à jouer cet espèce de rock & roll électronique. Et faire ce genre de concerts t’aide à te sentir plus confiant. C’était très difficile, parce que souvent les gens se moquaient de nous, nous détestaient. Il y avait une vraie confrontation avec le public. Mais ce genre d’expérience te donne énormément de confiance, si tu arrives à aller au-delà des réactions. Si tu peux dépasser ça, tu peux tout dépasser.

C’est ce même sentiment de confiance qui t’a amené à sortir ton premier véritable disque solo l’an dernier (The Bullet Catcher’s Apprentice) ?
Pas vraiment. En fait, c’était juste une série de morceaux que j’avais fait tout seul, sans le moindre plan derrière, et puis il s’est trouvé que ces morceaux fonctionnaient plutôt bien ensemble, alors j’ai décidé de les réunir sur un single. D’habitude, je travaille toujours en collaboration avec d’autres, on partage nos idées, je ne suis jamais seul aux commandes. Mais là, j’étais le seul maître à bord et ça a fini par devenir mon premier disque solo (rires). Et ça m’a finalement amené à ce sur quoi je travaille en ce moment, à savoir mon premier album solo qui devrait, normalement, sortir d’ici la fin de l’année.

D’où vient ce nom « Wrong Meeting » ? Tu l’as utilisé pour ta résidence au T Bar à Londres, et maintenant sur ces deux nouveaux disques. Ca a une signification particulière pour toi ?
En fait, c’est une blague qui m’a un peu échappé et à propos de laquelle tout le monde me questionne aujourd’hui (rires). En gros, un « wrong meeting », c’est une métaphore pour dire que tu es sur la touche, comme quand tu es avec un groupe de gens et que tu te mets à parler d’un truc qui te passionne mais qui est un peu tordu ou bizarre et que tout le monde se tait et se met à te regarder comme si tu étais complètement taré (rires). Là, tu réalises que tu es dans un « wrong meeting », une sorte de grand moment de solitude. Mais je ne peux pas te parler des sujets qui me font vivre ce genre de situation parce que tu ne pourrais pas les imprimer (rires).

Tu partages ta résidence au T Bar avec Ivan Smagghe, qui s’est installé à Londres il y a un moment. Vous semblez assez proches.
Oui, tout ça remonte à il y a assez longtemps. Je suis tombé sur une interview de lui dans un magazine où il me citait comme une de ses deux principales influences, ce qui m’a énormément flatté, d’autant plus que la deuxième personne qu’il mentionnait était Martin Hannett (producteur de la plupart des groupes de Factory Records, et de Joy Division en particulier). On s’est ensuite rencontrés à une soirée à Londres où il mixait. Je suis allé le voir et on a discuté ensemble. C’était une soirée géniale, j’ai dansé pendant des heures et j’ai eu l’impression d’être un peu lourd parce que je lui parlais sans arrêt et que je lui demandais les titres des disques qu’il jouait (rires). Mais on est devenus amis depuis ce soir-là. On a commencé à faire des dates ensembles, puis ce club, le Wrong Meeting. Et si tout se passe bien, on devrait faire un disque ensemble, cette année ou l’an prochain. On a quelques projets en cours à ce niveau.

Ivan avait une des meilleures résidences à Paris, au Pulp, qui a fermé il y a quelques semaines. Tu as souvent cité le Pulp comme étant un de tes clubs préferés au monde.
Oui, je suis au courant de la fermeture du Pulp, c’est une vraie tragédie. J’aimais ce club parce que c’était un endroit qui avait quelque chose de décadent. C’était petit, sombre, ça dégoulinait de sueur, c’était rempli de gens qui formaient une sorte d’aristocratie euro-trash complètement unique (rires). Des gamins de la rue qui avaient cette vibe très similaire à ce qu’il se passait à Londres en 1988 et 1989. Des gens à la mode mais pas suiveurs de tendances, tu vois ? Ils venaient là pour la musique et pas pour se regarder les uns les autres. Il y avait des stylistes de mode, des gens connus, des hooligans, des marginaux. C’était juste un mélange complètement fou de gens soucieux de leur apparence mais passionnés de musique. Et c’est tout ce que j’attends d’un club. C’était très proche de ce que tu pouvais trouver à Londres dans un club comme le Shoom. C’est triste que le Pulp ait fermé, mais quelque part, c’est une bonne chose parce que, de cette façon, ça permet à la légende de ne jamais mourir. Si ça avait continué pendant des années et des années, ça aurait fini par perdre tout son intérêt, ce qui est bien pire au final.

Est-ce que tu as prévu de tourner avec Two Lone Swordsmen pour la sortie de ces deux albums ?
C’est encore très difficile pour le moment, parce que les autres membres travaillent et/ou jouent aussi dans d’autres groupes, ce qui signifie qu’on ne peut pas se voir très souvent et que, quand on a un concert à donner, on a besoin de deux ou trois semaines pour répéter. A chaque fois qu’on a l’opportunité de jouer, on doit se réunir avant pour checker nos agendas et prévoir les répétitions. Je voulais vraiment faire une vraie tournée mais je pense qu’on ne fera probablement que quelques dates sporadiquement, ici et là.

Tu as pas mal de nouveaux remixes qui sont prévus pour les semaines/mois à venir.
Oui, le premier devrait être celui que j’ai fait pour Battant, qui est un des meilleurs groupes du moment. Ca sortira fin septembre sur Kill The DJ. J’ai aussi fini un remix la semaine dernière pour un autre groupe anglais, XX Teens, qui devrait bientôt sortir sur Mute, fin août ou début septembre je pense. Et juste avant ton coup de fil, j’étais en train de commencer à travailler sur un remix pour Siouxsie. C’est un super morceau, vraiment, vraiment incroyable, complètement dans l’esprit des premiers Siouxsie And The Banshees, mais avec un son plus actuel. Ca devrait sortir d’ici la fin de l’année.

Il y a eu pas mal de rumeurs ces dernières années comme quoi tu te remettrais à la production. On a notamment parlé de toi pour le dernier album des Warlocks, mais ça ne s’est pas fait au final.
Oui, c’est exact. Le truc, c’est que les groupes adorent ma façon de travailler en tant que producteur, mais pas les maisons de disques. Il faut dire que ma façon de faire est assez particulière : je demande au groupe d’enregistrer ses morceaux avec un bon ingé-son, après quoi ils me donnent les bandes et je nique tout (rires).

Ce que tu as fait pour le Screamadelica de Primal Scream.
Voilà. Les groupes trouvent généralement que c’est une idée géniale, mais quand ils se retrouvent au bureau de leur maison de disques et qu’il disent « on veut Andrew Weatherall à la production, mais il ne sera pas en studio et il va complètement transformer nos morceaux », ça effraie les gens (rires). Je suis un trop gros risque pour pouvoir produire qui que ce soit à l’heure actuelle (rires). J’ai eu quelques propositions dernièrement, auxquelles je suis en train de réfléchir, mais je préfère ne pas en parler parce que c’est très hasardeux et que ça n’aboutira probablement pas de toute façon (rires)

Et parce que l’élégance, c’est aussi savoir ne pas se baffrer comme un pourceau et en garder un peu pour plus tard, on s’arrête là pour le moment. La suite dans quelques jours pour un Raw Material sévère mais juste, au moment de la sortie de la nouvelle compilation d’André sur Soma (Sci-Fi Lo-Fi), mais séance de rattrapage tout de suite si tu en veux encore. Ici, tout le monde est logé à la même enseigne, alors scroll down toi aussi, c’est juste en bas de la page.

English version, if you please :

How did you decide to release two separate records ?
Well, I had this idea to put out an album in a box with pieces of artwork and stuff and I wanted it to be a single piece of vinyl. As we had about 20 songs ready, we decided to split the tracks between two records, Wrong Meeting I, which is a vinyl boxset only available through the Rotters Golf Club website and Wrong Meeting II which has been released worldwide. Wrong Meeting I is also available as a hi-quality MP3 download through Beatport, which is kinda funny in a way because the idea behind this particular release was to go the opposite way. I don’t have anything against MP3 and downloads and stuff but i really wanted to make a record that was a special object, in an old-fashioned way. That was a really hard work though (laughs)

Was it also a way, to mark a point, like, a personal way of saying « this it how it should be done » ?
Well, I just think we should still make objects, make things exist in three dimensions, you know ? Everyone has switched to MP3 but MP3 is not that good. It’s actually more old-fashoned than vinyl. But because it’s the next stop in new technology, it’s this thing we all must have, even if it’s actually more of a step back, because it’s a loss in terms of quality. Which, in a way, means you don’t need quality anymore. Listening to an MP3 is actually like watching TV in 1958. It’s this new technology, all fresh and exciting, but it’s actually a step back. I’m not anti-downloads or anti-computers or whatever but i think we should redress the balance a little bit and do things that are really creative and beautiful in the first place. Objects look more precious and sacred to people than series of zeroes and ones.

You seemed to be really anti-MP3 a few years ago but you’ve been supporting people like Beatport lately. Has you opinion changed on that subject ?
I’ve never really been anti-MP3 or anti-technology but I’m definitely against the idea that technology rules the customers choice, you know ? I’m against computer companies putting out software that hasn’t been tested properly and charging insane prices for it just because it’s the newest, freshest step in modernity. That’s what I’m against. We don’t really need the latest piece of software or the biggest, more powerful computer. A computer allows you to have the biggest library at your fingertips and that’s all there is to it… To me at least (laughs). I don’t want to make friends with people that don’t exist, you know (laughs) ? That’s not what a computer has been made for. And if you want to use your computer to find new music, that’s great, and I do it myself but if it’s possible, I’ll go out and go look for the record, most preferably vinyl if it’s available. It should be used as a giant reference source but people tend to use it as their main source, you see ? They’ll never leave their fucking home and their entertainment system. That’s the problem to me. It’s definitely an important tool but it won’t be the answer to all your problems (laughs).

Along with the Wrong Meeting I release, you also launched a subscribers club on the Rotters Golf Club website, which reminds me of what bands like Einstürzende Neubauten did (fans subscribing to pay for the recording of the new album without the help of any label and getting exclusive stuff and extras in return).
I think that if you’re gonna use all that kind of modern and international technology, try make it personal, try make it a little bit more active and make people feel like they actually belong to something. It’s almost like a gang mentality. If people like what we do and are interested in what we do, then let’s take them to another level and give them more. It’s as simple as that. I just do what I would have loved others to do for me.

The two Wrong Meeting records are pretty amazing, not only because they’re really good but also because they sound like records from a proper band, that could’ve been going for ages.
Well, it’s been three years since the last album and during those three years, we did lots of gigs, we played together, we’ve written together, which explains that, i guess. Despite the fact that Two Lone Swordsmen has been going on for over ten years, I still see From The Double Chapel Gone as our first album in some kinda way, because that’s when we started to work and sound like a real band. And both Wrong Meeting records are a real progression from that, I totally agree with you. From The Double Gone Chapel was a really good album but i twas a bit sloppy, it really felt apart in places. Wrong Meeting I & II are far from being perfect but are much more organised.

Yeah, it seems like the band feels more confident.
When we started touring as a band, people were expecting laptops, and we arrived on stage with guitars and drums, basically trying to play electronic rock & roll. And doing gigs like that really build your confidence. It was a really hard work because people laughed at us, hated us. It was quite confrontational at times. And confrontation gives you confidence if you go through it. If you can face that, you can face anything.

Is that same feeling of confidence that led you to release your first proper solo record last year (The Bullet Catcher’s Apprentice) ?
Not really. It was just a bunch of tracks I did on my own and there was no actual plan for a record but these tracks seemed to work together so I decided to release them as a single. Ususally, when I record stuff, it’s a partnership, we share each other’s ideas, it’s not me on total control. But this time it was only me and no one else, so that ended up being my first proper solo record (laughs). Which led to what I’m working on at the moment, a solo album that will hopefully be out at the end of the year.

How did you chose this name « Wrong Meeting » ? You’ve been using this name for your residency at the T Bar in London and now on those new albums. Does it mean something special to you ?
Well, it’s the kind of joke that kinda expands and everyone asks me about in the end (laughs). Basically, « wrong meeting » is a sort of metaphore for being an outsider, for being in a group of people and start talking about something you’re interested in that may be a bit dark or a bit weird and everyone gets silent and just looks at you as if you were totally crazy, you know ? (laughs). Then, you realize you’re in a wrong meeting. But I can’t tell you about the subjects that make me feel that way cause you couldn’t print it (laughs).

You share the Wrong Meeting residency at the T Bar with Ivan Smagghe, who relocated to London a while ago. You seem to have found a very like-minded partner in him.
My relationship with Ivan goes back to a long time. I read an interview in a magazine once and he was saying I was one of his two main influences, which flattered me a lot, especially because the other person he name-checked was Martin Hannett. I felt quite honored to be in such company. We met at a gig in London, he was DJing and I just ran along and talked to him and had a really good time that night, dancing for hours. I thought I was kinda boring cause I spent hours talking to him, asking him what record he was playing and stuff (laughs). And our friendship grew from that night. We started doing gigs together and then a club. And hopefully, sometime this year or next year, we’ll release a record together. There’s some projects going on.

Ivan had one of the best club residencies in Paris at Le Pulp, which has been shut down a few weeks ago. You often said Le Pulp was one of your favourite clubs in the world.
Yeah, I know Le Pulp has closed, that’s a fucking tragedy. I loved that club because it was quite a decadent place, it was small and dark and sweaty, full of people that formed some unique kind of euro-trash aristocracy, you know ? (laughs) Kids from the street who had a real feel, very similar to what was going on in London in 1988 and 1989. They were fashionable but not trendy. It was really about music and not about staring at each other. There were fashion designers, the odd pop star, football hooligans, queers. It was just a crazy mixture of people with good looks but coming in there for the music. And that’s what I like in a club. The vibe was very similar to the one you could feel in a club called The Shoom in London. It’s a bad thing Le Pulp has shut down but it’s also quite a good thing in the end cause this way the legend keeps going and stays fresh, you know ? If it goes on for years and years, it kinda dies out and that’s much worse.

Are you gonna tour with Two Lone Swordsmen after the release of those two new albums ?
It’s pretty difficult at this point, cause the other members of the band have jobs and/or play in other groups, which means we can’t see each other that much and when we have a gig, we have to rehearse for two or three weeks, so it’s pretty hard to set things up. Whenever we get an offer, we have to sit around a table and check our diaries, plan rehearsals, etc. I really wanted to do a proper tour but we’ll probably only do sporadic gigs here and there.

There’s also a batch of new remixes ready to be released in the forthcoming weeks/months.
Yeah, first one should be the remix I did for Battant, one of the best new bands going on at the moment. It’s coming out in late september on Kill The DJ. I finished a remix last week for another english band, XX Teens, which should be released on Mute pretty soon too, in late august or september I think. And just before you called, I was actually starting to work on a remix for Siouxsie. It’s a great track, a really, really amazing track. It has the real spirit of the old Siouxsie And The Banshees stuff but with a more up to date sound. This should be out before the end of the year.

There were rumours a few years ago about you working on production again. You were supposed to produce the last Warlocks album for example, which never happened.
Yeah, well, the thing is the groups really like my production method but the record companies don’t. Basically, what i like to do is get the band to record the basics with a good engineer, then they give me the tapes and I just fuck with that (laughs)

Which is what you did with Primal Scream on Screamadelica.
Absolutely. And bands usually think it’s a great idea, but when they go the board meeting at their record company and say « we want Andrew Weatherall to do it, but he won’t be on the studio and will basically fuck up our songs », peple get scared (laughs). I’m too much of a risk to produce anybody at the moment (laughs). I had a few offers lately which I’m thinking about but I don’t wanna talk about it cause it’s pretty hazardous and much probably won’t happen (laughs).

* * *

ANDREW WEATHERALL IN 10 EASY STEPS :
UPDATE TON JACKIN’ KNOWLEDGE A LA MANIERE FACILE, PUNK.

01. HAPPY MONDAYS Hallelujah (Andrew Weatherall Club Mix) 1989

Sans ce morceau, je serais probablement kinésithérapeute et je m’acheterais trois tonnes de jazz à l’eau sur iTunes par semaine. Je t’aime, cruel destin.

02. NEW ORDER World In Motion (Andrew Weatherall & Terry Farley No Alla Violenza Mix) 1990

New Order + dumb lyrics + gay as fuck piano barrage = better than sex.

03. PRIMAL SCREAM Come Together (Andrew Weatherall Mix) 1990

A l’origine, un morceau pop dont même The Coral ne voudrait pas. A l’arrivée, le meilleur substitut au MDMA jamais enregistré.

04. ST ETIENNE Only Love Can Break Your Heart (A Dub Chapter In Two Parts) 1990

Tout est dans le titre. Si la basse ne te brise pas le coeur avant la fin du morceau, c’est que tu es probablement mort.

05. MY BLOODY VALENTINE Soon (Andrew Weatherall Remix) 1990

Disque Historique. Où comment faire résilier à des dizaines de milliers d’anglais leur abonnement au NME en 7 minutes et 35 secondes.

06. THE SABRES OF PARADISE Smokebelch II 1995

Comme le disait Bernard Fresson dans Les Galettes De Pont-Aven : “A ce niveau, c’est plus de la peinture, c’est carrément de la fresque”.

07. TWO LONE SWORDSMEN Culture Stains 2000

Ca n’a l’air de rien comme ça, mais ce disque (Tiny Reminders) a juste ramené sur le chemin du dancefloor tout un tas de paumés qui étaient tombés dans la spirale du nu-jazz, et ça, vois-tu, c’est appréciable.

08. SUNS OF ARQA City Of Nine Gates (Andrew Weatherall Mix) 2003

C’est non seulement un de ses meilleurs remixes mais aussi, et surtout, la possibilité pour toi de caser un jour Suns Of Arqa dans une conversation, et ça, ça n’a pas de prix.

09. ANDREW WEATHERALL Feathers 2006

Les guitares ne sont jamais aussi sexy que quand elles imitent le crissement du fil barbelé sur les dents de ton pire ennemi. Ce morceau le prouve encore.

10. TWO LONE SWORDSMEN Rattlesnake Daddy 2007

L’épitome du cool : élégance naturelle et classe absolue, balancés avec l’air d’en avoir juste rien à foutre de rien. Ultime.

++ infos:
Rotters Golf Club website
Two Lone Swordsmen myspace

22 Responses to “Andrew Weatherall - Rotters Golf Club”

  1. #1 Jon says:

    That JBO stuff is fantastic! tHANKS FOR POSTING.

  2. #2 clems says:

    tin, il me semble pas avoir lu une itw de andrew weatherall une fois dans ma vie, donc sans verser dans l’auto célébration couillonne, j’ai quand même envie de dire que c’est la classe ultime d’avoir réussi à avoir ça sur gtc, j’ai envie de fermer le blog maintenant tiens.

  3. #3 clems says:

    cette phrase est parfaite car elle résume résume au mot près ce que j’aime quand je sors “C’était juste un mélange complètement fou de gens soucieux de leur apparence mais passionnés de musique. Et c’est tout ce que j’attends d’un club. “

  4. #4 Okain says:

    Yes ferme le blog comme ca tu reste dans la légende parce que si ca continue encore des années et des années, ça va finir “par perdre tout son intérêt, ce qui est bien pire au final.”

  5. #5 Zyg says:

    Merci. Ca fait bien longtemps que je n’avais pas écouté une bonne sélection de chez feedback.

  6. #6 oli says:

    un post et un artiste qui, pardonnez-moi l’expression, pèsent leur race

  7. #7 enzo says:

    méchant post…..juste bravo!

  8. #8 tibal says:

    super post! très bonne inter, pure playlist complètement héroique…
    -> bien joué GTC!

  9. #9 SdC says:

    Andrew Weatherall… whouahh un nom qui ramène loin back in the days
    Tx pour la piqure de rappel et l’excellente selecta

  10. #10 Pierre-Nicolas says:

    Nice job.

  11. #11 odb says:

    l’interview de Andrew m’aurrais juste suffit (pas chiant du tout,vous bavardez comme deux bon gars affablés au bar à une heure tardive).

    Mais en plus je déroule la souris vers le bas ,et je tombe non pas sur une mais dix trax ,histoire de remettre Weatherall sur la carte du “ouais-ce-mec-est-important”.

    merci Lelo t’es un putain de teacher.

    le remix des Mondays ,co-signé par…Paul Oakenfold je comprends que tu ne veuille pas entacher la reputation de Weatherall,a tous simplement changé ma vie.C’est mon morceau préféré des Mondays.

    get the curse rock da house.

  12. #12 Dazz says:

    Moi c’est ça que je trouve excellent:

    J’aimais ce club parce que c’était un endroit qui avait quelque chose de décadent. C’était petit, sombre, ça dégoulinait de sueur …

    Il doit kiffer Beghain, le salop. Haha. C’est un peu la même chose mais 24/7 en plus décadent encore, en plus sale, en plus freaks.

  13. #13 Rab says:

    Pas encore lu l’interview, mais ‘tain je me souviens avoir acheté ce vinyl de My Bloody Valentine en ‘90 en pleine époque post rock style Primal Scream lets go and get wasted on E (in Glasgow, my home town at the time). Une belle époque quand on a vingt ans.

  14. #14 Thibaut says:

    Dédé jouera à Lille Vendredi prochain, dans le cadre du NAME Festival.
    Ca devrait être pas mal!

    http://www.lenamefestival.com/

  15. #15 Thibaut says:

    J’aime les questions cons : y a un lien entre “Rotters Golf Club” & Jonathan Coe ?

  16. #16 okain says:

    Le NAME Festival a une très bonne prog cette année, le lieu à l air mortel, ca va être top!

  17. #17 clems says:

    présent

  18. #18 HL says:

    Weatherall ça a un rapport avec la météo ?

  19. #19 Mister Natasha says:

    Je ne peux que dire, Tip Top !

  20. #20 monsieur oo says:

    vous lui avez paye un Bloody Mary a Andre au moins ?

  21. #21 Greenhair74 says:

    That iT’s possible to downloading or recieve some DJ set,tracks,demo from artist in mpIII from your website or archive only fmy hobbies:listen more and archive more set artist freedom’, A Fan of muzik DJ STEFAN.BE

  22. #22 WAKA says:

    Andrew Weatherall - ‘The Father, The Son and The Holy Ghost’. He’s probably forgot more about music than other people know.

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