Faire un bon film est une tâche relativement simple. Une bonne accroche (“Il est arrivé en ville avec sa bite et son couteau…mais ce qu’il en faisait était illégal dans 185 pays !!!”), une ambiance suffisament ambigüe pour que le spectateur ait besoin d’une bonne demi-heure avant de savoir s’il est en train de regarder Terminator ou Camille Claudel, une tension palpable (le capitaine de l’équipe de foot des Senior High se transforme en sapin cannibale, la petite voisine handicapée adopte un Border Collie parlant 23 langues dont 6 dialectes oubliés, Matthew Broadrick déclenche une guerre nucléaire totale depuis son Commodore Vic-20), des dialogues riches de sens (“A te voir baffrer ces Chocapic, je parie que tu t’imagines déjà en train de sucer ma bite au rythme des coups de fouet de mes couilles sur ta gueule”) et l’affaire est jouée. Faire un bon disque est, en revanche, nettement plus ardu.

Rassure-toi, punk, en 1982 on avait déjà la recette.

DEPECHE MODE The Sun And The Rainfall

Extrait de A Broken Frame (LP - Mute)
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1982 n’est pas une année choisie au hasard : c’est, techniquement, celle où j’ai découvert que la musique ne se résumait pas aux 45t de génériques télé mongolos que collectionnaient mes camarades de classe, chose que, même à l’époque, je ne m’expliquais pas. C’est l’année de Thriller de Michael Jackson. C’est l’année de mon premier disque. Qui n’était ni le all-time blockbuster de Jacko ni ce LP de Depeche Mode mais bel et bien Rio de Duran Duran. Que veux-tu, punk, on ne peut pas avoir tout bon du premier coup. Revenons à Depeche Mode, qui sort donc cette année son excellent deuxième album. Un disque qui marque le départ de Vince Clarke (parti fonder l’exécrable Yazoo, avant de tomber plus bas encore avec les misérables Erasure) et le début des choses sérieuses pour le groupe. Loin de la naïveté synth-pop des débuts, A Broken Frame s’impose comme un disque à la fois sombre (à l’image de sa sublime pochette) et ambitieux (difficile d’imaginer, à l’écoute de titres comme “Monument”, qu’on a affaire au groupe qui, un an plus tôt, signait “Just Can’t Get Enough”). Et si il faudra attendre l’album suivant (Construction Time Again) et l’arrivée d’Alan Wilder (qui va radicalement transformer le son de Depeche Mode) pour officialiser la rupture de manière définitive, elle est déjà plus qu’évidente sur ce “The Sun And The Rainfall”, qui clôt le disque avec classe, rigueur, passion et une sévère dose de gayness.

PRINCE 1999

Extrait de 1999 (LP - Warner Bros.)
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En 1982, il y en avait déjà pour penser à 1999 (et là, tu réalises que la transition chez Get The Curse, c’est pas pour rire : cette merde est réelle). Parmi eux, Roger Nelson, qui planifiait déjà les bacchanales célébrant la fin du millénaire sur le morceau-titre de son très inégal cinquième album, sans imaginer une seconde que le nouvel an 1999, loin de ses fantasmes d’émeutes sous des cieux pourpres, se résumerait grossièrement à une adolescente démontée au blanc cinq étoiles encaissant une gifle pétaradante administrée avec férocité et élan par sa soeur aînée sous le regard ébahi et révolté d’une camarade de classe plaidant avec force emphase pour sa défense (”Putain, mais la laisse-là boire, c’est l’an 2000 !”). Scène effroyable mais vraie, constatée le 1er janvier 2000 circa 1h du matin, alors que, mes connexions neuronales mises à mal par l’absorbtion d’une poignée de champignons importés du Mexique, j’errais dans les rues de Genève en compagnie d’un champion de BMX et d’une blonde aux improbables fuck-me boots, pendant qu’au loin, Youssou N’Dour livrait un concert provoquant chaos et désordre dans le centre-ville de la capitale Suisse. Depuis, je ne fête plus le nouvel an. Mais j’écoute toujours Prince.

THE CLASH Ghetto Defendant

Extrait de Combat Rock (LP - CBS)
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The Last Gang In Town, The Only Band That Matters, call it what you want, c’est un fait que la science même peut valider : The Clash est le meilleur groupe de rock de tous les temps. D’ailleurs, que les choses soient bien claires, je n’accepterais de changer ma vie que contre celle de Paul Simonon (dont une des plus célèbres photos illustrait le précédent Rewind, si tu suis. Je te l’ai dit : la transition, c’est pour de vrai ici). Sauf qu’au lieu de finir avec un cocard et le nez cassé à jouer avec Damon Albarn, je serais devenu le Andrew Weatherall du reggae dans un tripot coupe-gorge de Brixton. Et j’aurais terminé mon dernier set par “Ghetto Defendant”, en fumant la dernière cigarette du dernier paquet restant dans l’Univers avant de me faire abattre d’une balle en plein coeur par un Haïtien désaxé aux yeux rouges et aux baskets dépareillées.

BAD BRAINS The Big Takeover

Extrait de Bad Brains (LP - ROIR)
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“On peut tout voir / On a la Supertouche”. Telles sont les paroles du psychiatrique refrain de “Supertouch” des Bad Brains, qui se dispute avec “Teenagers From Mars” des Misfits (”On est des ados martiens / Et on s’en fout”) et “I Don’t Wanna Walk Around With You” des Ramones (”Je ne veux pas me promener avec toi / Je ne veux pas me promener avec toi / Je ne veux pas me promener avec toi / Alors pourquoi tu veux te promener avec moi ?”) le titre de meilleur refrain punk de tous les temps. En attendant, c’est un des meilleurs morceaux du légendaire premier album du rasta-hardcore-assault-commando de Washington DC, sauf que sur cet album, tous les morceaux sont le meilleur morceau. Alors ce sera “The Big Takeover”, parce que tout est là, résumé en 2 minutes et 58 secondes : total savatage, maximum weirdness et le son le plus pourri de toute l’Histoire de l’électricité. Les plaisirs simples de la vie.

KAS PRODUCT One Of The Kind

Extrait de Try Out (LP - RCA)
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La stagiaire de chez Kitsuné a la frange la plus soignée de toute la moité Nord de la France (le Sud, elle peut pas dire, elle n’y va qu’une fois par an pour Calvi). La stagiaire de Kitsuné a topé un sac en croco tressé Bottega Veneta à trois fois rien. La stagiaire de Kitsuné passe ses journées sur MySpace à envoyer des bulletins promo et checker ce que ses employeurs appellent “la claque de demain”. La stagiaire de chez Kitsuné téléphone à la stagiaire de chez Colette pour avoir des infos sur la réédition limitée de la Nike SB Release 2004 Dunk High. La stagiaire de chez Kitsuné fait la bise à Pedro Winter, a le portable des deux Justice et connaît tous les Fluokids par leur prénom. La stagiaire de chez Kitsuné se tisse un réseau. La stagiaire de chez Kitsuné finit tôt. La stagiaire de chez Kitsuné est tous les soirs au Paris Paris, parce que c’est là-bas que passent “les claques de demain”. La stagiaire de chez Kitsuné passe de temps en temps au Truskel, en souvenir des années lycée mais aussi parce que la britpop, c’est ses racines à elle. La stagiaire de chez Kitsuné est en retard, elle a une session photo. La stagiaire de chez Kitsuné chante sur des instrus électro-hop rigolos, composés par un type qu’elle a rencontré sur MySpace qui a un pseudo chelou et marrant. La stagiaire de chez Kitsuné veut un chien. La stagiaire de chez Kitsuné est secretement amoureuse de son professeur de capoeira, mais en attendant, elle se fait tripoter couardement par un Guns N’ Bombs dans les loges du Showcase (c’est ok, c’est une “claque de demain”). Parfois, la stagiaire de chez Kitsuné fume une Kool Menthol au balcon de son 9m2 à Faidherbe et se dit qu’elle a vraiment la classe. Mais la stagiaire de chez Kitsuné, malgré tous les efforts qu’elle voudra bien déployer, ne sera jamais, jamais, jamais, jamais Mona Soyoc. Mona Soyoc n’est pas seulement l’épitome du cool et de l’élégance, c’est aussi et surtout la chanteuse du meilleur groupe français de tous les temps. Et “One Of The Kind”, extrait de leur premier album, est le meilleur morceau que vous entendrez jamais catégorie “fille chantant sur des claviers joués par un garçon à coupe de cheveux assymétrique”. Expérimente le choc, punk.

CYBOTRON Cosmic Cars

Extrait de Cosmic Cars (7″ - Deep Space)
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Chez Get The Curse, offrir un service-détente aussi complet qu’irréprochable est notre souci numéro 1. C’est pourquoi j’ai récemment proposé à une chaîne de télévision publique désireuse de relayer nos panels de présentation-tableau référencés cultures urbaines et combat de rue, “Grêlé à Mort”, un 26 minutes hebdomadaire dans lequel on suivrait les aventures de Jean-Luc Petitrenaud et de Valérie Damidot, parachutés sans un sou en poche dans une mine de sel du Mozambique, où ils sueraient sang et eau sous la coupe d’un contremaître ex-nazi féru d’expérimentations génétiques et de sexe forcé en groupe. A la fin d’une première saison haletante, riches en sévices, crachats, humiliations et combats à mains nues, les deux protagonistes réussiraient à s’évader en hélicoptère. Hélicoptère qui se verrait dans l’obligation de faire un atterrissage forcé sur les hauteurs de la Sierra Leone, où nos deux héros, de nouveaux livrés à eux mêmes, seraient obligés de rallier le Libéria en auto-stop avec une meute de FANCIs sans expérience sexuelle et défoncés au benzorex à leurs trousses. Mais la France n’ayant décidément pas le sens de l’aventure, le projet n’a pas abouti. Je me contenterai donc de vous apprendre une série de mouvements saccadés mais néanmoins décadents (niveau de difficulté 3) afin de pouvoir danser comme des petites putes fiévreuses bardées de hi-tech le jour où le soulèvement des machines conduira à la destruction intégrale de toute forme de civilisation et que “Cosmic Cars” sera diffusé en continu sur la plus grosse sono de la Galaxie pour des Siècles et des Siècles. Parce que, l’air de rien, ça peut toujours servir.

THE SISTERS OF MERCY Alice

Extrait de Alice (7″ - Merciful Release)
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Simon Reynolds (l’auteur, entre autres, de Rip It Up & Start Again, que je te conseille vivement de lire, d’autant plus qu’il a été récemment traduit en français, et que tu n’as donc plus aucune excuse) disait souvent que, de tous les mouvements musicaux apparus sur le surface de la Terre, le seul qu’il n’ait jamais ni compris ni toléré est le goth-rock. C’est bien légitime. Les Sisters Of Mercy, souvent considérés comme un des, sinon LE groupe-phare du genre, n’ont eu de cesse de plaider l’innocence, eux qui n’ont jamais juré que par les Stooges et les Rolling Stones. Intention on ne peut plus louable, tant leur premier album (First And Last And Always, 1985) reste un disque de classe royale, âpre, venimeux et finement jackin’, à l’image d’”Alice”, premier single indémodable où deux guitares couinant comme des félins privés de sommeil livrent une lutte sans merci contre une des cinq meilleures lignes de basse de tous les temps.

JIMMY SPICER The Bubble Bunch

Extrait de The Bubble Bunch (12″ - Mercury)
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Quand je pense à tous les disques séminaux de 1982 que j’ai mis de côté (Miami du Gun Club, Songs Of The Free de Gang Of Four, Walk Among Us des Misfits, Forever Now des Psychedelic Furs, Action Battlefield des New Age Steppers, Pornography de Cure, Avalon de Roxy Music, The Party’s Over de Talk Talk, et j’en passe) pour pouvoir faire de la place à cette merde de Jimmy Spicer, je me dis que je suis tout de même une fiéfée pourriture.

CARLY SIMON Why

Extrait de Why (12″ - WEA)
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Si un jour, pour une raison ou pour une autre (impressionner la stagiaire de chez Kitsuné, remplir la face B d’une C90, compléter ta collection d’échantillons de salive), tu veux que Laurent Garnier te parle avec des yeux d’alchimiste fou sur une durée supérieure ou égale à 45mn, branche-le sur ce morceau, qu’il a longtemps utilisé pour clotûrer ses sets. En insistant bien, tu devrais même arriver à lui tirer quelques larmes. Pure classic.

AFRIKA BAMBAATAA & SOULSONIC FORCE Planet Rock

Extrait de Planet Rock (12″ - Tommy Boy)
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Dans la Bible de l’electro, si Kraftwerk est Jésus, alors Afrika Bambaataa est Apollonius De Tyane, ce philosophe néo-pythagoricien originaire de Cappadoce qui produisit des miracles bien plus étonnants que les saugrenus tours de passe-passe du Christ-Roi, et qui fit preuve d’un incroyable courage face aux persécutions de l’Empereur Domitien, lui-même bien plus cruel et vil que ne l’a jamais été Ponce Pilate. Et quand Apollonius De Tyane reprend à son compte quelques lignes de Jésus (écoutez bien, ce ne sont pas des samples) avec l’aide d’un fielleux barbu aux faux airs de Demis Roussos (Arthur Baker pour être précis), ce n’est plus du miracle, c’est de la sorcellerie de masse apliquée à un univers sans limites où les peuples danseraient sous des murs de lave avec de brusques et féroces mouvements hérités d’ancestrales techniques de ski.

13 Responses to “Rewind << 1982”

  1. #1 Ed says:

    du très bon ! On peut aussi caser l’album Geography par Front 242 qui contient quelques perles early ebm.
    Sinon je connaissais pas Bad Brains mais je suis déjà sous le charme!

  2. #2 lelo says:

    Oui, le Front 242 était prévu au départ mais je n’aime vraiment qu’un seul moceau dessus, qui est assez court en plus, du coup il est passé à la trappe (en même temps si j’ai mis Jimmy Spicer, j’aurais pu tout mettre…j’ai pas vraiment d’excuse en fait !)

  3. #3 clems says:

    hé c’est pas mal du tout kas product!
    le depeche mode est un peu trop évident à placer dans une playlist 80’s pour que je valide completement par contre c’est du lourd d’avoir exhumé les sisters of mercy!

  4. #4 oli says:

    Cette playlist me parle à mort !
    82 est vraiment une année charnière, il y a un nombre incroyable de classiques sortis cette année-là

    Pas plus tard qu’hier nous nous rappelions à quel point Cybotron défonçait, mon favori perso est Clear (meilleur morceau de l’univers qui ressort d’ailleurs avec des remixes de merde ces jours-ci) mais il est sorti en 83

    sinon il existe une autre version de Cosmic Cars par Ken Lewis , sortie la même année, je pourrais pas donner plus d’info dessus à part qu’elle est est fort agréable à l’écoute

    http://rapidshare.com/files/41873948/_1982__Ken_Lewis_-_Cosmic_Cars__Scorpio_.mp3.html

    Sinon un peu d’accord avec Clems pour Depeche Mode, mais c’est juste car j’ai jamais aimé ce groupe (BOUUUH jetez moi des pierres :) )

  5. #5 lelo says:

    Ah mais Depeche Mode c’est obligé en même temps, j’avais prévenu dès le départ (bon, y’en aura pas tout le temps non plus, les morceaux trop évidents ou les albums dispensables comme Exciter, je passe à la trappe) !

    Ce remix de Cosmic Cars est huge aussi ! Et Clear est définitivement le classique, c’est net. Par contre leur unique album est vraiment merdique, bourré de plans heavy metal à deux balles (riffs hyper patauds, solos de guitare de 10mn), jamais pu l’encaisser…

  6. #6 Ed says:

    j’avais jamais pensé aux Sisters en terme de jackin’ mais avec Alice c’est évident…
    Qu’est-ce que j’adore leur album SOME GIRLS WONDER BY MISTAKE avec quelques magnifiques morceaux comme la reprise de Gimme Shelter, Phantom et bien d’autres encore!

  7. #7 supachik says:

    yeeees !! tres bonne annee 1982 (je le fais avé la voix de misseuh kittineeuh)
    Kas Produkt classique de la grosse ball (j’ai pas trop kiffé leur concerts recents par contre)
    les SOM obligé tant que ca reste minimal cold, les albums d’apres avec leurs grosses guitouzes hard fm j’ai jamais pu gerer.
    c’est du bon post ca

  8. #8 le loup says:

    ahah dailleurs jai le lp de kas product

  9. #9 zygomar says:

    Moi aussi j’étais à Genève pour l’an 2000 et me suis fait piqué mes clopes durant ledit concert de Youssou.

  10. #10 Arno says:

    Mais putain mais tu parles d’un année charnière : je suis né en 82!

  11. #11 warlord le vampire disko says:

    jimmy spicer, kas product, les clash , carly simon, cybotron et afrika….
    je dis oui.
    pour le Prince j’aurais mis controiversy mais c’est fin 1981 donc pas 82.

  12. #12 Tybalt says:

    Le passage sur la stagiaire de Kitsuné est juste parfait :o

    Bon sinon je connais pas mal de trucs là dedans plus que dans le 1989 j’aurais pas cru.

    Hasard of the calendar, j’ai réécoute le Cosmic Cars hier et j’ai reçu le Action Battlefield des New Age Steppers par la poste aujourd’hui…. pas encore écouté j’espère qu’Ari Up est en forme dessus…

    very good selection anyway

  13. #13 Newbie says:

    Ouf! je vendrais ma mere pour assister à un Laurent Garnier’s jemetduCarlySimonquifaitchialer/danseralafindemonset.

    Ma grand mere pour un concert,10 ans avant, quand Carly elle se promenait pas encore en chemise de nuit panthere dans les bois, mais qu’elle faisait déjà de la bonne musique.
    http://boot.pixies.free.fr/radio.blog/sounds/Carly%20Simon%20-%20You‘re%20So%20Vain.rbs

    Maximum respect pour Ghetto défendant aussi!

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