
Si, comme disait l’autre, vous considérez la musique comme « du bruit qui pense », alors ce post va être une sacré prise de tête en ce mercredi matin. Mais en même temps, on n’est pas obligé de philosopher sur la musique, on peut aussi simplement se poser tranquillement derrière son écran et faire « clic droit/enregistrer sous » sur chaque mp3 présent dans le coin…
On repart donc pour une nouvelle session « Raw Material » dont on rappelle brièvement le principe : un artiste nous fait découvrir ses influences, son parcours à travers un top 10 all time. Pour beaucoup de gens en France, Inaqui Marin fut découvert en 2005 via son apparition sur le Fabric 23 de Ivan Smagghe ou peut être avant pour ceux qui constituaient mon cercle d’ami à l’époque de cette playlist.
Regular misait alors gros sur son Poulain Inaqui en sortant l’album Klisnischtod, un album court mais dense où le producteur espagnol faisait étalage de tout ses talents de compositions. Son son minimal obscur et pêchu sonnait terriblement novateur au point que sa bio décrit son style comme de l’ Electronic Body Minimal. Une définition plutôt bien trouvée lorsque l’on connaît un peu son travail.
Nous on voulait connaître la genèse de l’electronic body minimal alors voici les 10 titres sélectionnés et commentés par Inaqui Marin
1. Visage – Fade to Grey (Polydor, 1980) listen
La première fois que j’ai entendu ce morceau j’avais seulement 6 ans, et j’étais dans la SIMCA 1200 de mon père en voyage de vacances. Je l’aimais tant que je devais me le procurer, et celui-ci se converti en mon premier single de ma collection personnelle. Et puisque nous y sommes,… ce fut la première torture musicale dont soufrèrent mes parents. Imagine écouter ce morceau 20 fois par jour, ou même plus!!
2. Wolfsheim – The Sparrows and the Nightingales (Strange Ways records, 1991) listen
Après avoir suivi Yello, je restais intéressé par le travail de Carlos Perón comme producteur. Ce morceau, dont il est l’inventeur est parvenu à mettre tous mes sens à fleur de peau avec une musicalité qui va au-delà de la normale.
3. Adamski – Killer (MCA, 1990) listen
La première fois que j’ai écouté ce morceau, ce fut en vidéo-clip, et je me rappelle que le mélange de ce son électronique sans complexe et la séquence vidéo où Adam apparaissait assis tournant sur lui-même dans une petite chambre circulaire remplie de synthés, me toucha profondément et j’ai pensé: “ plus grand je veux être comme lui!!!”
4. The Cure – Lulaby (WEA, 1989) listen
Dans ce cas, ce fut encore la combinaison musique-vidéo qui m’a capturée. Avec cet excellent travail, The Cure sont parvenus à créer une atmosphère décrépite et obscure dont je crois que je ne suis pas encore parvenu à sortir… Je déteste les araignées et les accordéonistes poussiéreux!!!
5. Abfahrt – Alone it’s me (ZYX, 1989) listen
J’avais 15 ans quand ce disque est sorti dans les bacs et malheureusement je ne pu en profiter sur le dancefloor. Mais bien à la maison, où il fut durant longtemps le morceau numéro 1 de mes platines. Se morceau fut et reste un voyage interstellaire au bord d’une navette spatiale. Absolument mémorable.
6. Depeche Mode – World in my eyes (Mute, 1990) listen
J’imagine que c’est déjà connu par tout le monde, mais ce n’est pas pour cela que nous devons l’écarter, vous ne croyez pas? The Flood, Kevorkian et le maître martin Lee Gore se donnent la main et nous emmène dans ce que je crois être le morceau le plus sexy de l’histoire de la musique électronique. Pur sexe… obscur et élégant…
7. Sneaker Pimps – Destroying Angel (Clean Up records, 1999) listen
J’ai toujours été un grand admirateur de tous les travaux de Speaker Pimps, mais si je dois choisir un track je reste avec “Destroying Angel” de l’album “Splinter”. Il est tellement profond et intense qu’au cas où si nous devons mourir sur une bande sonore, ce serait celle-là.
8. Bigod 20 – America (Sire, 1992) listen
Je me rappelle bien du club, du parfum de la bière putréfiée et de l’image des gens se cassant la ceinture alors qu’ils écoutaient pour la première fois ce morceau. C’était comme si le monde s’arrêtait et tout ceux qui le connaissait se transformaient en rythme. Il m’a définitivement marqué.
9. Radiohead – Everything in I’ts right place (Parlophone, 2000) listen
Autre “grand classique” pour beaucoup de gens. Dans mon cas, ce qui m’a accroché furent différentes choses qui coïncident dans le même morceau. D’une part le traitement en mode loop qui donne l’instrumentation. De l’autre, la structure vocale qui sort de toute norme, et pour terminer, l’utilisation intelligente qu’ils font des processeurs d’effets, en concret de ceux alors récemment sortis sur le marché “Kaoss PAD”. Prends tout ceci et mélange avec une cadence qui va d’une berceuse à un son apocalypse authentique, et tu obtiens “Everything in it’s right place”.
10. Sieg Über Die Sonne – (-) x (-) = (+) (Multicolor, 2001) listen
La première fois que j’ai écouté ce disque j’étais dans ma voiture, et j’ai du stopper à la première station service parce que je ne pouvais croire ce que j’écoutais.
Durant la nuit, quand je l’écoutai plus tranquille dans le Studio ce fut comme si tout ce que j’avais appris en mixant n’avait servit à rien, j’étais devant un autre niveau de production et de traitement de son… depuis lors, rien ne resta pareil dans ma manière de travailler, et je crois que ce morceau marqua un avant et après dans la dance musique. Hautement recommandé.
Un grand merci à Audrey pour sa traduction
May 23rd, 2007 at 12:31 am | lelo says
On a frôlé le sans faute là (ben ouais, toujours là pour foutre la merde Radiohead…)
J’adore ce mec en tout cas, DJ et producteur hyper sous-estimé.
May 23rd, 2007 at 10:53 am | clems says
c’est marrant pcq si javais fait ma propre raw material, j’aurais surement mis 5 trucs en commun avec inaqui.
bon sinon lelo laisse radiohead tranquille, c’est de la belle musique malgré tout même si ça passe à fun radio
May 23rd, 2007 at 11:05 am | oli says
non mais je vois ce que lelo veut dire, ce morceau de radiohead, c’est celui que citent ou même jouent tous les DJ electro, c’est très “convenable” de le citer quoi…
Et puis laisse donc lelo s’insurger :)
May 23rd, 2007 at 11:12 am | clems says
ouai ça fait un peu “je mappelle agoria et je met du rock dans mes mixes pcq même si je suis un dj techno je sais rester electique”
ouai bon ok la démarche est naze, le groupe radiohead reste bien
May 23rd, 2007 at 11:14 am | oli says
avec toutes ces bêtises j’en oubliais de remercier M. Marin pour cette playlist très personnelle commentée avec le coeur
May 23rd, 2007 at 1:36 pm | supachik says
Mon DIeU , mais cet espagnol est completement gothik dans sa tete il y a meme du WOlfsheim 8-D
J’aime bien Inaqui Marin, je vais re-ecouter ses prods d’une autre oreille hein, et avec un collier en gousses d’ail autour du cou :)
May 23rd, 2007 at 2:48 pm | Crame says
Ce qui me plaît dans cette rubrique, là, “Raw Material”, c’est l’année des morceaux sélectionnés. Il y a souvent une ou deux années qui reviennent. Ici, c’est 1989-1990. Il avait 15 ans. Il matait des vidéoclips. Puis il est sorti en club. Pour un autre, c’était 1978, je crois. Ah la la, l’adolescence.
Par contre, le groupe Radiohead ne passe pas sur Fun Radio “Soul & Dance”. Le groupe Radiohead fait de la “belle musique”, oui, et “reste bien” à jamais 4 ever
May 23rd, 2007 at 2:55 pm | clems says
ah si radiohead est passé sur fun radio! je sais pas si c’est actuellement vu que fun est positionné “soul & dance” dixit leur slogan mais à l’époque de mon adolescence à moi, c’est à dire à l’époque de la sortie de Creep, Fun radio, c’était lovin fun, “sexe capote et rock n roll”, et donc c’était offspring et aussi creep de radiohead passant au moins 5 fois par jours
May 23rd, 2007 at 5:17 pm | lelo says
Ouh putain, c’est vrai que Radiohead c’était aussi Creep… décidément, je déteste vraiment ce groupe (même si, très sincèrement, Weezer reste #1 sur ma liste des groupes à aligner contre un mur les yeux bandés).
L’analyse de Crame est très juste, il existe effectivement un âge d’or dont l’apogée se tient entre 1987 et 1993. Une époque ou même les bouses défonçaient. Toutefois, le nouvel âge d’or, qui a démarré en 2001-2002, ne s’est toujours pas calmé, et c’est appréciable.
Cela dit, j’ai vu que Portishead revenait, ce qui ne me rassure guère. Si personne n’incline le vortex espace-temps dans les 15 mois à venir, on est bons pour un revival drum & bass en 2009.
C’est d’autant plus troublant que j’écris tout ça en écoutant Tears For Fears.
May 23rd, 2007 at 5:39 pm | Ed says
superbe play list. j’adhere totalement au concept d’Electronic Body Minimal! Pour info Sieg c’est en partie Tobias!
May 23rd, 2007 at 7:50 pm | Kieran says
certes, le morceau “everything in its right place” (non, il n’y a pas d’apostrophe, pù que ce soit) est mal choisi, mais je ne trouve pas ca si nul que ca que d’écouter Radiohead.
La critique (?) concernant fun radio est tordue, on peut aussi dire que I.Smagghe a du passer en boucle sur NRJ et sport et mix (je parle en ignorance de cause, mais je pense ne pas trop me tromper).
Ok, ma vision est teintée de subjectivité, mais je ne vois pas ce qu’il y a d’horrible chez Radiohead. Moi, j’aurais juste pas choisi ce titre là.
May 23rd, 2007 at 7:52 pm | Kieran says
Et j’aurais pas pris Creep non plus. (Je vous rejoins concernant celui-là)
May 23rd, 2007 at 8:01 pm | odb says
merci pour ces trax..
J’aime bien ce concept de playlists commenté par l’artistes,c’est vraiment bien..
Currieux de trouver les groupe Sneaker Pimps dedans,que j’ai toujours jugé comme un sous groupe de Trip Hop arriviste surfant sur la vague Massive-Tricky-Bristollienne avec 3 ans de retard et un son rock (duo avec Marilyn Manson..)à la con..
merci..
May 23rd, 2007 at 8:29 pm | clems says
non mais en fait on s’en fiche quand meme de fun radio, c’etait plus histoire de trouver une chute à mon comment ;)
à part ça oui on est tous d’accord pour dire que Radiohead est un groupe qui se respecte un minimum, c’est juste que lelo est le genre de type qui aime les playlists avec du slayer et du morbid angel
May 24th, 2007 at 1:11 am | lelo says
Faut pas non plus prendre tout ce qu’on dit au pied de la lettre ;o)
(Cela dit, Slayer ça aurait eu de la gueule dans cette playlist. Par contre Morbid Angel, jamais pu blairer…oh non, ça recommence…)
May 24th, 2007 at 11:00 am | jrm says
ahhh cette playlist de juin 2005…
(petite larme qui coule le long de ma joue gauche)
May 24th, 2007 at 11:12 am | clems says
:D
de belles choses musicales en cette année 2005
May 24th, 2007 at 4:42 pm | Crame says
Bon, Lelo, en fait, je voulais dire justement complètement autre chose. Justement que la qualité des morceaux eux-mêmes ou les caractéristiques d’une époque ou d’un genre musical comptent peu. Ce qui compte c’est à quelle époque tu avais 15 ans ou 19 ans et qu’alors sans le savoir cet âge-là de ta vie allait te marquer à jamais.
May 24th, 2007 at 4:50 pm | oli says
C’est marrant j’ai lu une interview de François K récemment où il disait ça à peu de chose près et je suis complètement d’accord.
May 24th, 2007 at 5:03 pm | clems says
ça fait vachement discussion où teki viendrait poster un comment pour dire que Stephanie de monaco et lio sont géniales :D
nan mais sinon, également d’accord (évidemment)
May 24th, 2007 at 5:25 pm | lelo says
Ah mais je suis entièrement d’accord, c’est juste que je voulais dire qu’il y a qques années qui ont été de vraies traversées du désert (checke tes disques et vois combien tu en possèdes qui sont sortis en 1998 ou 1999 par exemple…si tu es de ceux qui ne jettent rien, tu ne joues pas, c’est de la triche)…enfin, comme à chaque fois ça reste juste mon avis, un parmi tant d’autres, car oui, Get The curse c’est aussi débattre de questions graves telles que la chute de la civilisation occidentale dans la trance-goa dans une atmosphère résolument mellow, avec force boissons réfrigérées et ça, c’est un luxe pour le client.
May 25th, 2007 at 2:19 pm | Crame says
Lelo, mon cas personnel illustre le truc. J’avais 17-19 ans en 1998-1999, mes 17-19 ans ne sont pas la traversée du désert, mes 17-19 ans sont 1000 tempêtes.
Si tu me demandes mon top 10 ever, il y aurait
Radiohead – Climbing up the Walls
Godspeed You Black Emperor – Dead Flag Blues
Mogwai – Chocky
A Silver Mt. Zion – 13 Angels Standing Guard round the Side of your Bed.
Années de sortie ? 1997, 1998, 1999, 2000.
May 25th, 2007 at 2:26 pm | Crame says
Et parallèlement, The Cure et Dépêche Mode, même si parfois je trouve ça super, et même si j’ai été un peu immergé dans le retour de la new wave et l’electroclash et tout, je ne pourrai jamais les caser dans un quelconque top, parce qu’ils ne correspondent à rien pour moi, si ce n’est aux goûts musicaux du meilleur ami de mon grand frère. En 1989-1990, j’étais bien trop occupé à répéter les chorégraphies de Benny B. pour le spectacle de fin d’année à l’école pour prétendre maintenant que c’était des années fastes. C’était des années à la con.
Désolé pour ce débat, c’est à cause du sujet de l’adolescence, là, je ne peux pas m’arrêter.
May 25th, 2007 at 6:12 pm | lelo says
Voilà qui est ouf, à vrai dire je pensais que t’avais à peu près le même âge que moi (dans les 28-30, à cause de certaines réferences). Effectivement, ça change pas mal de choses (enfin, au niveau des choix musicaux et de la vision de l’époque, l’impact lié à l’âge reste le même)
Sinon, je vois un morceau du premier A Silver Mt Zion…tu as déjà écouté “Music For Egon Schiele” des Rachel’s (1996) ? Imparable dans le genre, vérifie-le dehors.