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  George Issakidis – The Republic Of Desire

George Issakidis a tout pour lui. George est un artiste talentueux. George possède le label The Republic Of Desire et par conséquent, il est à la tête d’un pool d’artistes encore méconnus et pourtant hors du commun.. Car ce n’est pas le boss de label ignoble qui signe à tout va et qui veut faire du chiffre, non, il est adorable, et est derrière ses artistes, comme les grands vous savez? Richie Hawtin, James Holden, ceux-là quoi .. du coup, ils lui font confiance. Et en plus, George connait tout le monde et tout le monde aime George. Get The Curse y compris.

Rencontre avec un homme qui à tout pour lui, mais qui partage un peu quand même, le temps d’une interview.

Alors George, tu étais un des ex-membres du groupe The Micronauts dans les années 2000, tout d’abord, quelle est ta formation? as-tu eu une formation technique dans une école? Comment en es-tu venu à la musique, et ensuite à la musique éléctronique?

En fait j’étais à la Sorbonne – sitôt débarqué de mon Canada natal – je faisais Histoire de l’Art quand j’ai pris la décision de faire de la musique.. je ne connais toujours pas le solfège aujourd’hui, je n’ai eu aucune formation.. si ce n’en est une qui est essentiellement autodidacte, qui m’a beaucoup servi , et qui m’a permis d’aller beaucoup plus vite vers des experimentations, sans une formation qui m’aurait été imposée .

Je suis devenu compositeur grâce à une photo, qui était la clé visuelle dont j’avais besoin pour prendre la décision de faire de la musique.. c’etait dans ID Magazine en 1993 je crois, une photo faite par Wolfgang Tillmans, d’une TB303 sur une pelouse, dès j’ai vu ça, j’ai compris quelle était la machine qui était derrière cette révolution qui m’avait tellement frappé et qui me trouble encore, celle de l’Acid house, je trouve que cette machine a une pérennité incroyable.

A l’époque de l’acid house, j’avais 18 ans et ça m’avait complètement frappé, 17 même pour les premiers morceaux d’Acid, en 1986 .. Je l’écoutais quand ça venait avec des cassettes qui étaient enregistrées ou piratées dans le Warehouse, ou bien de Music Box où il y avait Ron Hardy.

Mais j’avais eu quelques claques juste avant, en 1982, c’etait avec Throbbing Gristle, Chris & Cosey et Kraftwerk.

Throbbing Gristle c’est une influence justement que partages avec des artistes que tu fréquentes comme Midnight Mike..

Oui, Ivan Smagghe, Optimo avec Twitch et Jonnie Wilkes qui est la moitié de Naum Gabo, et qui est aussi sur mon label Republic of Desire, avec des merveilles qui, je pense, vont plaire.

C’est d’ailleurs en écoute sur Myspace il me semble..

Ah oui ça c’etait un remix qu’ils ont fait de United dont Midnight Mike a fait un cover pour son album qui va sortir, Midnight Karaoke. Pour revenir à Naum, ils ont aussi des productions qui vont sortir sur le label qui sont dingues, ils ont une précision dans le son qui est incroyable. Je suis un énorme fan de leur musique .

Par quels styles de musique a tu été influencé? Des groupes/labels en particulier qui t’ont marqué?

Avant, Nu Groove, les Frères Burrell, Murk, c’etait dingue, c’est un groupe qui m’a complètement renversé surtout quand ils s’appellaient Outta Limits, ils ont fait des trucs qui était d’un sensualité debribée, et puis vachement gay quoi (rires).

Le genre de trucs que t’écoutait dans les Kit Kat au Palace, quand il y avait le Tea Dance, le Dimanche après midi. Garnier faisait aussi des soirées incroyables à la Luna, j’allais l’écouter deux fois par semaines à Paris à l’époque. Actuellement je n’aime plus sortir à Paris, je trouve que les soirées n’ont pas du tout ce qu’elles avaient été , c’est à dire un hédonisme dingue, de belles boites, même le Rex aujourd’hui c’est pas le Rex que j’ai connu, il y avait une pièce qui était incroyable, c’etait plus grand, quand on regarde la cabine du Dj, sur la droite il y avait une grande pièce avec des grands canapés où les gens étaient soit couchés, complètement stoned , soit ils dansaient, il y avait un mouvement dingue là-dedans, de très bonnes soirées, dont une qui s’appelleait Wake Up Paris, les deux autres soirées où Garnier mixait c’etait Zoo au Boy, qui est sans doute la meilleure boite que Paris ait connu, tu n’etais même pas né (rires), elle a fermée en 1991, il y avait un métissage des sexes, il y avait de la house sur laquelle dansaient des punks, des hommes d’affaires en costard à coté de travestis, entrain de se draguer en face enfin c’etait dingue quoi.. Des boites straight, gay, tout.. Donc un jeudi sur deux c’est Zoo, où Garnier faisait venir des artistes comme Franck de Wulf par exemple, et l’autre soirée du Jeudi, c’etait la soirée d’un mec qui malheuresement ne vit plus, et qui s’appelait Jean Claude Lagrèze, et qui faisait une soirée qui s’appellait Les Incroyables et c’etait aussi délirant, il y avait une faune là-dedans, dingue, et qui n’existe plus.. Les gens étaient ecstasiés a l’époque et ça ça faisait une différence enorme! bon ils le sont toujours en Angleterre (et comment), et en Espagne, les Catalans savent vraiment faire la fête, ils la font mieux que nous.. Et c’est une des choses que je reproche à la nuit parisienne, ce que maintenant les gens sont hyper agressifs (à commencer par les videurs) ils ne sont plus à s’embrasser, en écoutant de la bonne musique avec les mains en l’air!

Je ne veux pas voir le Pulp fermer, mais bon c’est une bonne chose que cette boite s’arrête quand c’est à son sommet. Après ça va laisser de la place pour une autre boite encore mieux, qui puisse la remplacer j’espère, Paris en à besoin!

Comment nous décrirais-tu ta musique?

Mes envies, c’est de reproduire les même sensations émotionelles que j’ai ressenties quand j’ai entendu Chris & Cosey pour la première fois. Chris & Cosey couple marié, Chris Carter, moitié de Throbbing Gristle avec Cosey Fan Tutti.. quel dépaysement complet, je crois ne jamais avoir entendu quelque chose comme ça, renversement total, des timbres inouïs, c’est ça que je souhaite faire.. Si je réalise ça? Je ne sais pas, mais en tout cas c’est à ce moment là que j’ai découvert combien j’etais mélomane et mes souhaits c’est de pouvoir refaire une fraction de ce que j’ai ressenti en écoutant ça. Si je réalise ça je peux mourrir heureux, mais en tout cas je peux mourrir heureux car j’ai deja entendu Chris & Cosey!

CHRIS & COSEY – Walking Through Heaven listen

Tu voyages beaucoup, c’est indispensable pour toi dans le processus de création?

C’est quelque chose qui a été très utile, ça c’est sûr parce que maintenant comme je peux composer n’importe où, que je suis pas bloqué dans mon studio d’enregistrement avec l’ordinateur, je vois que chaque endroit à une certaine influence et je suis imbibé de l’environnement qui m’entoure, et ça a certainement quelque chose à voir avec l’inspiration à ces moments là. On est libérés aujourd’hui avec toutes ces technologies, et je pense a une chose qui est très importante, les musiques actuelles dépendent des dernières technologies, c’est très important pour l’evolution de la musique, on en a besoin et on l’a tout le temps.. les meilleures musiques ont toujours été faites avec les dernières technologies, ça veut pas dire qu’il faut se priver des belles merveilles du passé mais il existe beaucoup de compositeurs qui restent fixés sur un truc, comme l’analogique par exemple. Il faut faire de la musique avec n’importe quoi, un papier, un ressort, un marteau, n’importe! Mais il faut jamais être borné, bloqué, c’est très important, le meilleur conseil qu’un musicien qui debute c’est do whatever you can, however you can, and fuck anyone’s advices on restriction!

En dehors de la musique, tu fais des perfomances, du design sonore, tu as même enseigné l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (IRCAM) je crois? Peux tu nous en dire un peu plus a ce sujet?

C’était à la suite de ma séparation avec Christophe Monier dans The Micronauts, groupe qu’on avait commencé ensemble (et qui me semble continue toujours avec une seule personne, mais bon je ne sais pas grand chose là-dessus..). ça c’etait très mal terminé, et j’étais un peu degouté de la musique, je n’avais plus envie d’en faire, mais j’avais un grand besoin de rester créatif.. je me suis lancé dans la programmation dans Max MSP avec une bibliothèque d’objets qui prenait en otage Quick Time et donc ça a permis de faire des logiciels assez sophistiqués, complètement à ma façon, sur mesure, qui généraient à la fois video et audio, en temps réel. Et donc grâce à ma rapide maitrise de ça, l’IRCAM m’a invité pour faire des cours et des installations. Ces cours c’etait “Les Outils de Live”, je parlais sur les interfaces, un domaine où j’étais devenu assez experimenté.. Parce que c’est l’interface qui m’interesse plus qu’autre chose.. c’est comment on peut s’exprimer avec un synthé, un logiciel sonore ou un logiciel video d’une façon completèment naturelle et sophistiquée. Et une des mes experiences là-dedans c’était de prendre un joystick USB qui était fait pour les jeux vidéos, qui n’avait pas de base, il n’y avait que des accéléromètres, on le tenait en l’air, on le tordait dans tous les sens, et je manipulais tout ce que je voulais avec.

A côté de ces enseignements à l’IRCAM, j’ai aussi fait beaucoup d’installations pendant la semaine de formation, pour ceux qui n’étaient pas étudiants sur place et qui venaient pour une formation exterieure.. J’avais fait une installation où ils rentraient dans une pièce et un mur entier était un écran, ils se voyaient sur cet écran comme si c’était un miroir, et sur chaque tête figurait un point, ils étaient reconnus automatiquement par mon logiciel et ensuite chaque personne manipulait un paramètre dans un logiciel de synthèse qui s’appelle du Scan Synthesis, qui est une merveille française du sud, d’une institution un peu comme l’IRCAM.. et les gens comprenaient petit à petit leur impact sur ce qu’ils entendaient avec leur déplacement dans la pièce, leur mouvements soudains, c’était assez étonnant.

Ca fait un peu penser aux travaux de Bruce Nauman aussi, l’artiste contemportain américain

Oui tout à fait, il est très brillant!

Et les experimentations que tu fais dans ce cadre la ont elles des répercussions sur ta musique? et vice versa?

J’ai été pas mal influencée! J’avais généré toute une bibliothèque de sons comme ça avec des nombreux logiciels, differentes versions que j’avais faites, et cette bibliothèque j’y accède tout le temps pour mes compositions.. Mais c’est sûr que je vais y retourner une fois que mon album est fini, d’ici l’Eté donc, je retourne à la vidéo pour compléter tout ça.. et puis pour aller sur scène avec un show, parce que je trouve que c’est bien gentil la plupart des lives mais bon, voir quelqu’un derrière un ordinateur ou derrière des platines, on devrait meme pas les regarder, on devrait être entrain de danser et c’est tout, ça n’a aucun interêt sinon. Il faut donner quelque chose aux gens si on va faire un live et si on veut mériter le regard sur scène.

Je trouve que Jochem Paap (alias Speedy J) y réussis. c’est quelqu’un avec qui j’ai fait quelques disques et est un être que j’adore, il est brillant; il a reussi quelque chose de merveilleux la récemment avec Scott Pagano, c’est absolument sublime visuellement (http://www.apple.com/pro/profiles/pagano/). Il y a une recherche. Il amène les gens vers ses merveilleuses images qui complètent sa musique, c’est brillant.

Il va d’ailleurs sortir quelque chose sur The Republic of Desire sous le nom de Jason Haas. “Haas” qui est un des 4 phénomènes psychoacoustiques, qui veut dire Lapin en Hollandais, mais c’est aussi de l’argot pour dire “Rapide”, voila (rires).

Tu es donc le boss du nouveau label The Republic Of Desire, pas si nouveau d’ailleurs .. puisque tu avais deja sorti deux références en 2004 et 2005, il ya eu une sorte de hiatus, les prochaines sorties arrivent incessement sous peu, que s’est-il passé entre temps?

Des problèmes de distribution.. j’étais pas très content de la manière dont cela a été préparé. Du coup des choses qui auraient du sortir en 2005 sont finalement sorties avec 1 an de retard comme Into Your Life, qui était deja prêt depuis un moment et qui à meme figuré sur la compilation de Damian Lazarus.. et le disque de Midnight Mike, Creatures Of Habits est aussi sorti avec 1 an de retard.. J’étais alors un peu desespéré voyant ces problèmes de distribution, j’ai donc décidé de deplacer le label pour le mettre entre les mains de quelqu’un d’autre, j’ai appellé James Holden qui est un très bon ami, qui m’a énormement soutenu et m’as toujours aidé, et qui m’a encore aidé avec son système de distribution (Amato, à Londres) & management (3Beat à Liverpool), et donc dès qu’il me les a présenté ils m’ont reçu avec les bras ouverts et depuis ça avance exactement comme je le voulais. James Holden, my hero (rires). Il fait tout ça par passion, ne se compromet en rien, c’est l’art en avant, je l’adore.

J’ai meme lu quelque part que certains consideraient The Republic of Desire comme le Border Community français, tu penses qu’il y a du vrai (du moins dans la démarche) ?

Oui, je me sens très proche de lui, de ses envies, et de ce qu’il veut réaliser avec son label. Deja, on peut témoigner avec son label à quel point c’est hétéroclite, tout comme ses passions dans la musique, ce qu’il aime. On le voit bien avec sa compilation, le double CD qu’il a fait qui est pour moi le meilleur mix de dj de l’histoire, il a mis la barre tellement haut que je ne vois pas qui va pouvoir toucher à ce qu’il a fait, c’est brillant. Il y a peut etre des gens qui n’aiment pas mais en tout cas, c’est d’un rafinement incroyable et d’une diversité étonnante. Quelqu’un qui veut donc rapprocher Dzir à Border Community, ça me touche énormément, disons qu’on a les même buts.

J’ai vu que tu avais proposé des promos limités à un site de vente de mp3 en ligne.. Quand on voit l’etat actuel des choses en matière de distribution et tout, tu penses multiplier les offres de ce genre a l’avenir? Quitte a ne distribuer le label qu’en mp3?

Je pense que de toute façon les CDs, les DVDs, tout ça va disparaitre, moi j’ai peur pour la FNAC, les pauvres, ils sont mal, d’ici 10 ans ils ne vendront que du hardware, et éventuellement des bouquins aussi.. mais les disques/cd sont sur la voie de disparition complète, moi je leur donne encore 10 ans maximum. Pour le label je pense que pour le vinyl ce sera aussi une chose du passé , tout va être numérique, ça va être des téléchargements. Moi pour ma part je ne tiens à aucun support. La seule chose qui compte c’est l’Art, le contenu, le reste c’est un support. J’ai dit la même chose récemment à propos des livres, moi je rêve du moment où je vais avoir un iPhone dans la poche et tous mes bouquins dedans, ça va toujours peser le même poids et c’est tout! Il y a des gens qui sont très attachés aux supports, mais le support ne modifie en rien l’Art, ça ne l’améliore pas, je pense que c’est une nostalgie mal placée des gens. D’ici 10 ans, les jeunes qui vont suivre après vous ne sauront même pas ce que ça veut dire. C’est comme le 8-Track, vous savez ce que c’est le 8-Track? C’était des cartouches, comme des cassettes, qu’on arrivait pas à rentrer completement dans le lecteur. C’est de cette façon que les gens achetaient des albums dans les 70’s, moi j’ai connu ça, vous vous savez même pas ce que c’est! Tu comprends ce que je veux dire? C’est juste des supports et chacun disparaitra au profit d’un autre..

Et je crois que là, on est au plus libre des formats, c’est des données, qu’on peut consommer quand on veux, où on veut et comme on veux. Si tu veux acheter un disque à deux heures du matin, tu peux, je suis à fond pour ça. Et pour une autre raison aussi, ces supports aussi, pourquoi ce gaspillage de ressources quand ce n’est pas nécessaire? Et puis toute cette panique sur le piratage, si quelqu’un ne peut pas acheter mon disque parce qu’il n’a pas de sous, je suis content, je n’ai aucun soucis. De toute façon ce genre de partage fait que l’information arrive de façon virale. Plus de gens découvrent et donc plus d’achats possibles pour l’artiste, du moins on espère. Je suis à fond pour qu’il y ait du partage et s’il vous plait, des achats aussi (rires). Un artiste ne peut pas survivre sinon, je pense que les gens au fond d’eux-mêmes, quand ils comprennent ça, ils sont honnêtes. Faut pas traiter les clients comme des criminels potentiels, c’est pour ça que les DRM, tout ça, ça va disparaitre. En tout cas moi je les ai pas pour mes ventes.

Quand on regarde les prochaines sorties de ton label, on y voit beaucoup d’illustres inconnus (Passarella Death Squad, Jason Haas), sur le choix justement de ces artistes, c’est plus des rencontres, des amis etc…

C’est basé autour de rencontres et j’en ai découvert comme ça, par leur musique. Par exemple, Speedy J, ça remonte mais c’etait comme ça, on lui avait demandé un remix pour The Micronauts, après on s’est rencontrés et puis on est devenus très amis. D’autres comme Passarella Death Squad, c’est par le biais de Midnight Mike, qu’il avait rencontré à une soirée qui s’appellait Cosey à Londres, qui est une soirée un peu Industrielle, c’est comme ça qu’ils sont venus sur le label. D’ailleurs Midnight Mike partage depuis un an les responsabilités de A&R, dans DZIR, il n’est pas seulement artiste, il est aussi directeur artistique. Il amène des artistes sur le label. Pareil avec Photonz que vous connaissez peut-être, un groupe portugais de Lisbonne, qui ont sorti un disque sur Living records, le label du Dub Kult.. Et là ils ont fait des merveilles, je pense que ça fait partie des meilleurs morceaux de musique électronique que j’ai jamais entendus dans ma vie. J’étais en Birmanie récemment, pas une fois j’ai mis mon casque et pourtant j’entendais leur musique après une simple écoute, je crois que vous allez aimer!

Y-a-t-il, parmi la nouvelle génération, des producteurs que tu apprécies, en dehors de ton label?

Ah oui, deja il y a un hollandais, il s’appelle Acid Kid 3, il a sorti un morceau l’année dernière et depuis j’essaye de le signer, il a son propre label, il s’autoproduit. J’adore ce qu’il fait, je pense que dans sa musique il y a une rage Acid house qui est hallucinante, c’est la folie exponentielle.

Il y a Heartthrob aussi. Viva JESSE, en plus c’est un garçon adorable, il est terrible, il habite a Paris en plus.

Et le label Minus..

J’ai un énorme respect pour Richie Hawtin, encore un autre qui est vraiment derrière ses artistes. Et puis il est sans doute a l’origine d’un des meilleurs remixes de l’histoire ce mec, avec son remix pour Spektrum (Freakbox, Richie Hawtin Uncontrolled edit)

L’esthetique a l’air de prendre un part très importante dans ton travail, les visuels du label et les pochettes ont été réalisés par M/M, quand on achète un de tes disques on achète aussi un visuel, peux-tu nous en dire plus sur eux?

Oui ça remonte à loin, au fanzine Eden, c’est eux qui étaient derrières les graphismes, mais ils ont participé aussi au contenu comme toute la bande. La collaboration avait commencée avec les premiers disques de The Micronauts, et qui a suivi pour tous les autres aussi jusqu’à la fin du groupe, et ils ont ensuite continué sur mes projets. Pour moi, ils font partie du label. Leur travail est extraordinaire.

D’ailleurs sur le logo du label, chaque lettre à une typographie différente, qui ne correspond pas aux autres. M/M avait envie de reproduire le logo des Sex Pistols mais vu par un antiquaire. Je trouve qu’au niveau de l’idée, c’est très réussi sans parler du resultat qui est superbe.

Ton actu en ce moment c’est le remix de Krikor sur Kill The Dj, tu te sens proche de l’univers du label?

J’adore ce que fait Ivan en tant que DJ, en tant que compositeur, il peut changer de casquette avec un naturel épatant, entre Black Strobe et surtout Volga Select sur Output. J’aime beaucoup, je trouve aussi que parmi tous ces artistes français de la scène électronique, sans parler trop des noms, que lui a tout compris, il a compris l’hédonisme de l’époque où on sortait dans les 90’s, il a gardé ça et il le partage aux générations suivantes, mieux que quelques autres artistes parisiens (rires).

KRIKOR – Rock Hard In A Funky Place (Issakidis remix) listen

C’est une inspiration un peu plus druggy en fait.

A fond. Qu’es-ce que la vie nocturne si ce n’est pas une relachement complet des gens dans la quête du plaisir. C’est ça!

Sur tous les remixes que tu fais (Colder, Krikor ou Cagedbaby) on sent vraiment ta patte sonore, et les remixes n’ont rien a voir avec les originaux, de quelle façon tu travailles quand on propose de remixer un artiste?

D’abord j’écoute et je vois si je peux y apporter quelque chose. Parce que faire un remix c’est faire deux choses: c’est comme si tu prenais un vase, même si tu considères qu’il est bien fait, qu’il est beau, qu’il n’a pas de problème, tu le casses et tu es censé refaire mieux qu’il ne l’était. C’est pas facile. Il faut une profonde motivation pour réécrire la musique de quelqu’un d’autre. Et puis un petit truc sur les remixes que je trouve très curieux, c’est l’impossibilité d’ appliquer ceci à n’importe quel autre domaine de l’art, c’est comme si Picasso venait voir Dali et lui demandait de lui faire un remix de son tableau.. Comment est-ce qu’il va s’y prendre, comment se partagent ils les royalties, quelle est la propriété artistique et intellectuelle du résultat? C’est une zone grise, un peu curieuse et qui me déplaît . Mais bon, on est dedans, la j’ai fait le remix de Krikor parce que j’adore sa musique, j’adore Ivan et j’adore ce qu’ils font avec leur label, lui, Chloé et Fany Corral, et c’est la raison pour laquelle j’ai accepté ce travail.

Mais c’est pas quelque chose que j’aime beaucoup faire, l’artiste fait un remix, il est recompensé par un cachet et c’est tout. Après disons qu’il est très fier de ce remix, il a fait quelque chose qui est de lui quand meme, quand c’est bien fait on peut dire qu’on écoute plus l’auteur du remix que l’artiste qui a été remixé.. Si t’as envie de mettre ça sur ton album tu ne peux pas, pourtant c’est quelque chose que tu as fait toi-même. Ne devrait-il pas alors avoir un partage de droits d’auteurs? Moi je le pense très honnêtement. Tu l’as fait mais tu ne peux pas toucher les droits d’auteurs, ils devraient être partagés, non? Je crois très fortement au Creative Commons, je trouve que c’est un concept qui est tout à fait humain, parce que le reste quelque part ressemble plus à une forme d’esclavage artistique qu’autre chose.

Tout à l’heure tu nous disais que tu finissais actuellement ton album solo, ça va sortir sur The Republic of Desire? Musicalement tu te diriges vers quels sons?

Oui ça sort sur mon label. A mon avis le tout ce sera des experimentations, j’espère qu’elles ne se ressemblerons pas trop (rires), les tempo ne vont pas se ressembler parce que ça va passer de 118 bpm jusqu’à 130 sans doute, peut-être un peu moins.. J’adore les tempo 116 et 104, proches du coeur, ils sont plus naturels, plus sexy, plus érotiques.. à partir du moment ou ça dépasse même 127, pour moi ça ressemble à du pogo, les gens ne peuvent pas s’exprimer avec leur corps là dedans.

C’est un peu ces tempos que tu apportes dans tes dj sets

Et les gens ne s’en rendent même pas compte! Quand la musique est bien, et que le son est fort, on ne se doute pas que c’est lent, et d’ailleurs on voit le dynamisme que ça peut dégager. C’est pas un tempo rapide qui rend une piste de danse dynamique, c’est la musique.

Un mot sur tes futurs projets? Tes dates de DJs?

Pour l’instant , ma priorité est de finir cet album. Il y aura dans cet album quelques collaborations dont je ne peux pas parler pour l’instant mais sinon je vais produire aussi quelques morceaux sur l’album de Passarellla Death Squad, ils ont deja enregistré la moitié de l’album, ça a été mixé en studio par Tim Holmes, moitié de Death In Vegas, le résultat est sublime.. il n’a rien produit, il a juste enregistré mais son implication à l’enregistrement.. on sent vraiment sa patte sonore. Il y a aussi une autre production pour un artiste dont je peux pas vous parler mais que vous connaissez, et qui passe souvent à Paris mixer, il y aura donc quelques morceaux pour cet artiste et son album prochain.

+++infos:

George Issakidis Myspace
The Republic of Desire Myspace & Website

Propos recueillis par Mikhail

19 responses to “George Issakidis – The Republic Of Desire”

  1. April 30th, 2007 at 10:17 am | clems says

    il y a de l’humour,de l’émotion, de l’info, de l’action, bref c’est une très bonne itw.
    et puis au delà de l’itw, je valide aussi l’intro: georges est un mec extremement cool

  2. April 30th, 2007 at 11:09 am | mathieu says

    super itw, merci mikmik :)

  3. April 30th, 2007 at 11:19 am | oli says

    :-o

  4. April 30th, 2007 at 11:46 am | électron libre says

    excellente itw

  5. April 30th, 2007 at 1:26 pm | mathieu says

    tiens d’ailleurs tu avais posté un mix à lui sur jawstight il me semble. C’est tjrs online quelque part?

  6. April 30th, 2007 at 1:27 pm | ouarelaurde says

    mortel.

  7. April 30th, 2007 at 1:43 pm | mikhail says

    haha de rien ;)

    sinon pour le mix qui était posté sur jawstight c’etait un mix qui avait été broadcasté sur radio campus paris, voici le lien

    http://www.radiocampusparis.org/?p=2401

    :)

  8. April 30th, 2007 at 3:36 pm | redhotcar says

    excellente initiative cette interview

  9. April 30th, 2007 at 3:53 pm | Etienne says

    Je vais faire mon relou mais je crois que le pseudo de Murk dont George parle c’est Mission Control, et c’est juste un des deux gars du duo, Ralph Falcon, avec un certain Aldo Hernandez. C’est leur titre le plus connu qui s’appelle “Outta Limits” (1990) et ça a été réédité sur Ibadan l’an dernier, au sein d’un V/A double pack. Pour ne rien arranger, Falcon a également oeuvré en solo sous le nom d’Outta Limits en 2003.

    Le morceau “Outta Limits” est effectivement un chef d’oeuvre complet, hyper moite et enivrant, lent juste comme il faut et bien hypnotique. Un de mes tracks house favoris.

    http://www.zshare.net/audio/outta-limits-mission-control-mp3.html

  10. April 30th, 2007 at 5:04 pm | oli says

    Mais non tu ne fais pas ton relou c’est bien d’être précis.
    Merci pour le track d’ailleurs.

  11. April 30th, 2007 at 5:07 pm | clems says

    ça fait tellement anti kidparcolette ce comment

  12. April 30th, 2007 at 5:16 pm | oli says

    Ah oui, je profite du succès de cette interview pour rappeller aux gens de bon goût que notre very own Black Gorbatchev aka Mikhail mixe ce soir pour vous au Triptyque. Venez goûter à la chaleur glaciale du Cap Vert, venez transpirer du sang.

  13. April 30th, 2007 at 6:17 pm | john says

    well done

    fort sympathique cette interview
    et puis il a raison, sans drogue la fête est moins folle
    je soupsonne dimitron d’activement participer à ce concept vu sa béatitude généralisée

  14. April 30th, 2007 at 7:46 pm | mikhail says

    je suis content que ma première interview vous plaise, en meme temps avec george c’etait facile :)

  15. April 30th, 2007 at 8:40 pm | électron libre says

    ma béatitude est naturelle tonton :D

  16. May 1st, 2007 at 5:07 pm | le loup says

    intéressant :) merci mikhail

  17. May 2nd, 2007 at 5:31 am | george says

    merci mikhail! et clems!

    etienne, that’s the one! what a song! it blueprinted part of my sound/mind/body! i love it! one of my favorites too!

    just une petite correction a une de mes reponses:

    ”A l’époque de l’acid house, j’avais 18 ans et ça m’avait complètement frappé, 17 même pour les premiers morceaux d’Acid, en 1986 ”

    this should read: “pour les premiers morceaux de HOUSE, en 1986″. ca m’a echappe a la relecture.

    xo.george

  18. May 2nd, 2007 at 12:49 pm | lelo says

    Interview mortelle, lue deux fois alors que je suis pourtant loin d’être fan d’Issakidis ! Le contenu est vraiment intéressant, good job !

  19. March 4th, 2010 at 3:08 pm | Photonz – Living records / Dzir [gtc04] « Get The Curse says

    [...] on y vient enfin. Après avoir cités dans l’interview de notre ami George Issakidis, dont il disait le plus grand bien, en lecteur curieux tu t’es empressé de checker leur [...]

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