
Quand vient l’heure des interviews, rien n’est plus agréable que de rencontrer des personnes comme Siskid, jeune espoir de la scène électronique française, talenteux Dj et producteur prometteur dont le premier maxi “Clean Breakfast” a déjà rencontré un joli succés. Après avoir écouté son prochain maxi, on peut dire, sans trop prendre de risques que ce mec là va tout exploser.
Retrace nous ton parcours jusqu’à aujourd’hui…
Hello je suis né le 8 avril 1977 a Manchester, en Angleterre, je suis donc bélier! Ca fait une quinzaine d’années que je suis maintenant a Paris! J’ai toujours baigné dans la musique, ma grand mère était pianiste et donc, conséquence logique, à l’age de 6/7 ans j’ai commencé par le piano et d’autres instruments par la suite…A la maison il y avait tous les styles, mais principalement du rock: bien sur les Beatles, Pink floyd, The Who….Et plus tard « My Bloody Valentine », « Stone Roses »les Sex pistols pour l’énergie, Porcupine Tree….j’ai toujours eu une affection pour tout ce qui était dark et mélancolique. Mes cousins, plus âgés, étaient déjà plus dans la scène qui amenait la transition vers l’électronique et donc moi j’ai vraiment commencé avec l’album de The Orb : « The Orb’s Adventure beyond the ultraworld » qui m’a mis une claque mémorable et les tout premiers Aphex Twin (ambient works). En revanche, un groupe comme Kraftwerk, que tout le monde cite comme l’influence ultime ne m’a jamais trop inspiré! Donc j’ai suivi au fur et à mesure ce qui se faisait en électronique tout en restant à fond dans l’indie rock.
Et pour le mix ?
Ca fait 3 ans que je mixe réellement. C’est pour la simple et bonne raison qu’avant ça, j’avais un groupe qui marchait bien d’ailleurs. On était en phase de deal à l’époque mais le groupe a splitté malheureusement. Donc je me suis retrouvé tout seul et j’avais tellement mis d’énergie à bosser sur les compos que je n’avais plus la force de continuer donc je me suis mis doucement vers les platines parce que le rock, ça m’épuisait à ce moment là. J’avais besoin de repos même si je savais que j’allais revenir au rock à un moment ou un autre. A l’époque, je n’étais pas trop attiré par la house parce que ce n’était pas ma culture et j’allais naturellement vers des sonorités plus dures, plus grinçantes donc j’ai même mixé de la drum n’ bass à un moment parce que j’aimais l’énergie que cette musique dégageait. Mais bon, c’était juste un break pour voir autre chose et surtout me retrouver un petit peu! La scène électronique évoluait de telle façon que les choses devenait plus intéressante: l’electro a commencé a avoir des sonorités rock et j’y retrouvais enfin certaines de mes influences, sans non plus tomber dans le cliché punk-rock-glam que je déplore!
Finalement tout est cyclique, on étudie juste de nouveaux angles: l’electro devient rock, la techno devient minimale alors qu’il y a toujours eu ces approches dans ces styles respectifs, avec la technologie en plus qui évolue constamment. C’est juste une question d’époque.
Je suis justement plus axé, maintenant sur l’aspect minimal. Il faut que ça reste galopant, toujours soutenu. C’est vrai que c’est là dedans que j’évolue le plus parce que, ayant un projet rock d’un côté, je trouve intéressant d’explorer d’autres possibilités, bien que dans le projet rock en question il y aura des machines!
Certains te décrivent comme le 3ième membre de Black Strobe, quelle est la relation exacte que tu entretiens avec eux ?
J’interviens dans la formation Black Strobe en tant que musicien live mais je n’interviens absolument pas d’un point de vue composition. Mon studio est en face du leur,on s’offre des cafés, je leur taxe pas mal de clopes, une bonne energie de travail quoi! J’ai rencontré Arnaud parce qu’il avait beaucoup aimé ce que j’avais sorti et il m’a contacté pour me faire jouer à sa soirée « Sometimes funky people are dressed in black ». En fait j’ai vraiment commencé avec eux en septembre 2004. Je partage avec eux le même background rock, aussi metal (cf Arnaud). Je suis un fan par excellence de Nine Inch Nails. D’ailleurs mon album sera dans cette veine là et c’est pour ça que je ne parle pas d’electro-rock mais plutôt de rock électronique. Ce ne sera pas non plus indus pour autant car ça n’est pas la direction de l’album, je trouve que ça part vite dans le cheap et la prod n ‘est pas toujours géniale. Je tiens a garder un format pop même si le son sera très dur par moment.
Quel est le retour que tu as eu après ton premier maxi « Clean Breakfast » sorti chez Initial Cuts ?
Etonnamment, et sans vouloir la jouer profil bas, j’appréhendais un peu la sortie du disque parce que j’avais peur d’être trop assimilé à Black strobe, puisque j’affectionne en général la même énergie et les mêmes sons de synthés. De plus, INITIAL CUTS n’avait pas encore sorti de maxis comme ça et d’autres part, la face A contenait des vocaux et je sais que beaucoup de Dj n’aiment pas les vocaux. Enfin ça c’est pas non plus trop mon problème, ça ne me freine pas pour autant! Toute cette idée de réglementation avec certains Djs qui sont crispés dès qu’ils entendent des vocaux…Je trouve que ça donne plus de vie à la boucle qui tourne. Mais bref, le disque est sortie est j’ai eu de très bons retours de The Hacker par exemple, a envoyé un mail a Initial Cuts pour me féliciter et pour dire qu’il le jouait tout le temps. Marc Moore de S’Express aussi, Tiefschwarz, Miss Kittin… Ca fait un peu pompeux d’énumérer des noms, mais ça fait quand même super plaisir!
Bon maintenant, j’en suis content mais avec le recul, je trouve que ça part un peu dans tous les sens. En général, j’aime bien quand c’est riche et quand ça soulève pas mal, ça c’est ma façon de composer rock qui parle, mais j’ai beaucoup appris depuis et j’essaie maintenant de garder un truc droit, de simplifier au maximum le son, ce que je développe avec une approche en effet un peu plus minimale. Voila je l’ai dit! (rires)
Et concernant ton album, quelle approche vas-tu privilégier ?
L’album n’aura rien à voir avec une optique dancefloor. C’est un album qui m’est énormément personnel et qui sera un peu mon bébé. Pour le coup, on pourra vraiment parler d’accouchement. C’est un album qui est basé sur énormément de morceaux que j’ai accumulé depuis tout jeune et qui ont été en constante évolution et mutation. Et donc là, ça arrive à terme. Il faut désormais que je le sorte, sinon je vais vraiment crever et donc j’entame la réalisation à la rentrée et j’espère avoir la maquette finie à la fin de l’année. Ce sera 10 morceaux rock pur et dur. Je vais le réaliser mis à part la production finale. Je ferais le chant, guitare, basse, programmation, quelques parties batterie et le projet s’appelle « Animal Machine ». Donc ce sera un mélange de toutes mes influences(même si ce n’est pas toujours une bonne chose de les énumérer!) comme Nine Inch Nails,Curve, Primal Scream, Baby Chaos……
Au niveau de la date de sortie, je ne préfère pas trop m’avancer parce que je suis plutôt quelqu’un de méfiant donc je me dis juste « on verra ». Mais bon je suis aussi très déterminé et bien borné donc j’arriverai à aller là où je veux.
Tu continueras quand même à produit de la zic électronique à côté ?
Toujours. Parce que ça c’est l’aspect plus ludique. Et ça me permet de respirer, de basculer d’un projet a l’autre.
En ce moment, ça marche plutôt bien aussi pour toi en tant que DJ…
Oui en effet les bookings commencent a se multiplier, les dates lives avec Black Strobe à l’étranger aussi:les choses se décantent, mais ça bosse dur derrière, t’inquiètes!!
T’es parti loin ?
Le plus loin que j’ai fais était Hong Kong, Singapour et c’est vrai qu’ils ne s’attendaient pas trop à ce qu’ils allaient entendre. Je trouve qu’en Europe, on a quand même de la chance parce qu’on a accès à énormément de bonnes choses en terme de musique. Donc j’ai essayé de proposer ce que je faisais, et ça a été très concluant même si la soirée s’est finie en règlement de compte de triade !
Après en France, j’ai joué quasiment dans tous les clubs sur Paris et j’ai des dates qui arrivent en Province comme le minimal club à Nice. On joue à Genève bientôt avec Black Strobe et ça tombe bien j’adore la suisse!
Tu restes quand même toujours pote avec la Superfamille Conne ? (Concept scénique et collectif de Dj qui gravite autour de TTC, et Fuckaloop)
Bien sur, j’en fais toujours partie. TTC sont des très très bons amis à moi ainsi que Tacteel et Para One. Je m’entends très bien avec Teki c’est un ami avant tout avec qui je discute très souvent, avec un rituel de manger des yaourts chez moi en caleçon, ça c’est quand c’est très sérieux!C’est quelqu’un avec qui, mis à part le travail, on peut déconner et avec qu’il n’y a pas ce constant rapport de force dans le travail. Sur scène avec la Superfamille Conne, c’est toujours le foutoir absolu, 7 cons derrière les platines ! En tout cas, c’est des soirées qui marchent très bien et qu’on devrait poursuivre cette année.
Bosser avec des artistes de rap, c’est quelque chose qui t’attires ?
J’ai un projet de featuring avec les gars de La Caution. Ce sont aussi des gens que j’estime énormément. J’ai un très très bon rapport avec eux et je suis d’ailleurs sur leur prochain album où je chante un refrain, façon Duran Duran pour eux. Leur son en lui-même est vraiment excellent. Et de toute façon, si ils ont besoin de moi pour autre chose, ils savent qu’ils peuvent compter sur moi.
Pour finir, quelle est ton actualité à court terme ?
Un nouveau maxi sur INITIAL CUTS à la rentrée puis le remix de « deceive/play » que je viens de finir pour Black strobe et qui sortira en compagnie d’un remix par James Holden et un autre par The Hacker. Sinon, je suis en train de finir un remix à venir sur MISSIVE.
Interview réalisée par Clems initialement publiée sur nightsytem.com
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